Le 6 octobre 2025, à Langres (Haute-Marne), Marie-Annick Panarioux, 69 ans, a été tuée alors qu'elle circulait à faible allure. Le conducteur responsable, en état d'ivresse, roulait à 137 km/h au moment de l'impact. Condamné en appel à 30 mois de prison ferme, il est loin du maximum légal, ce qui suscite l'indignation de la famille de la victime.
Un drame évitable et des circonstances aggravantes
Selon les expertises judiciaires rapportées par Le Parisien, le conducteur avait atteint 152 km/h avant l'accident. Son alcoolémie était mesurée à 1,75 g/l puis 1,46 g/l, soit plus de trois fois la limite légale. Après l'accident, il a pris la fuite, puis une seconde fois depuis le camp où il résidait. Ces éléments ont été retenus lors du procès.
Émilie Panarioux, la fille de la victime, s'est constituée partie civile avec son père. Elle témoigne de son incompréhension face à la décision de justice. "30 mois d'emprisonnement ou 10 ans, ça ne me ramènera pas ma mère", confie-t-elle au quotidien francilien.
Une peine très en dessous du maximum légal
En première instance, quatre ans de prison avaient été requis. Le tribunal avait finalement prononcé deux ans et six mois, avec sursis probatoire. En appel, la peine a été portée à 42 mois de prison, dont 12 avec sursis, soit 30 mois ferme, accompagnés d'une interdiction de conduire pendant cinq ans.
Pour Émilie Panarioux, cet écart entre la peine maximale prévue par la loi et celle prononcée est incompréhensible. "Il y a un gouffre entre 18 mois et 10 ans", déplore-t-elle. Elle espère que son témoignage contribuera à faire évoluer la jurisprudence.
Une loi récente mais jugée insuffisante
La loi du 9 juillet 2025 a créé le délit d'homicide routier, remplaçant les anciennes qualifications d'homicides involontaires dans certaines circonstances. Pour Émilie Panarioux, cette évolution législative ne règle pas le sentiment d'injustice des familles de victimes.
"Je n'ai pas de haine contre ce monsieur", assure-t-elle, tout en demandant davantage de sévérité dans les affaires les plus graves. Son témoignage vise à alerter sur les peines prononcées dans les affaires d'homicide routier et à encourager une évolution de la jurisprudence.



