Dans un entretien accordé à Libération, le réalisateur Arthur Harari, connu pour Onoda et La Fièvre, revient sur son nouveau film L’Inconnue, et livre une réflexion sur la nature des images : « Ce qui émane des images nous échappe en partie. » Une déclaration qui résume sa vision d’un cinéma où le sens se construit autant dans ce qui est montré que dans ce qui reste invisible.
Une maîtrise relative du sens
Arthur Harari précise que, malgré un travail minutieux d’écriture et de mise en scène, le réalisateur ne contrôle jamais totalement la réception de ses images. « On a une intention, mais le spectateur, lui, va chercher autre chose », explique-t-il. Cette part d’inattendu est pour lui une richesse, non un défaut.
Un cinéma de la suggestion
Dans L’Inconnue, Harari joue sur les non-dits et les ellipses. Il affirme que « les images les plus fortes sont celles qui laissent une place à l’interprétation ». Le film, qui mêle thriller et drame psychologique, illustre cette idée par une narration fragmentée et des personnages ambigus.
Une réflexion sur le médium
Le cinéaste élargit sa réflexion à l’ensemble du médium : « On croit que l’on filme le réel, mais en réalité on ne filme qu’une perception, une subjectivité. » Il cite l’exemple de ses propres documentaires, où le montage révèle des significations non prévues au tournage. Selon lui, cette incertitude est constitutive de l’art cinématographique.
Arthur Harari travaille actuellement sur l’adaptation d’un roman, dont il ne dévoile pas le titre, et confirme son attachement à des formes narratives exigeantes. Il conclut : « Le cinéma est un art de l’inattendu, et c’est ce qui le rend indispensable. »



