Le personnel navigant d'EasyJet reste mobilisé et n'exclut pas une nouvelle grève après le mouvement des 15 et 16 août qui a entraîné l'annulation de 180 vols et affecté plus de 30 000 passagers. Inouk Rondinella, secrétaire général adjoint de l'UNPNC-CFDT et personnel navigant chez EasyJet depuis 15 ans, dénonce une « dégradation des conditions de travail » et un dialogue rompu avec la direction.
Un préavis de grève prolongé jusqu'au 2 septembre
Le préavis de grève, déposé le 7 août, court jusqu'au 2 septembre. Les négociations n'ayant pas abouti, le syndicat se laisse la possibilité de prolonger ce préavis si aucune solution n'est trouvée. « Il pourrait y avoir une nouvelle mobilisation par la suite », prévient Inouk Rondinella, qui souligne que « tout le monde y perd dans cette histoire : les passagers, l'entreprise, mais aussi le personnel qui sacrifie une partie de son salaire pour exercer son droit de grève ».
Les raisons de la colère sont multiples : changements de plannings de dernière minute, envois de personnel sur d'autres bases en Europe pour des remplacements, et un épuisement général. « L'entreprise est en train d'user les collègues », affirme le syndicaliste, qui insiste sur l'impact psychologique et sur la vie personnelle des équipages.
Un mouvement massivement suivi, notamment à Nice
La mobilisation a réuni 200 personnes sur 300 chaque jour des 15 et 16 août, un taux de participation élevé qui a renforcé le message envoyé à la direction. « En France, nous estimons que nous avons atteint un point de non-retour », explique Inouk Rondinella, qui s'interroge sur l'absence de mouvement chez les collègues européens : « La question serait plutôt pourquoi ils ne sont pas encore en grève ».
Le choix des dates du 15 août s'explique par le calendrier des discussions : la direction a opposé un « non catégorique » à toutes les propositions lors de la réunion du 12 août, poussant le personnel à agir rapidement.
Un combat pour la sécurité des passagers
Le syndicaliste défend la légitimité du mouvement, y compris vis-à-vis des passagers victimes d'annulations : « Notre combat est juste et il est aussi fait pour le bien-être de nos passagers ». Il rappelle que l'épuisement du personnel peut compromettre la sécurité à bord : « Face à un épuisement du personnel de bord, nous sommes moins à même d'assurer leur sécurité, et c'est là que les passagers devraient s'inquiéter ».
Il critique également la gestion des annulations par la compagnie : « L'entreprise n'a pas anticipé les annulations et a fait venir de nombreux passagers jusqu'aux portes d'embarquement en sachant qu'il n'y avait pas de personnel disponible ». Le syndicat demande le respect des règles de l'AESA (Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne) sur la stabilité des plannings, considérant que « la stabilité n'est pas une négociation mais une obligation ».
La dernière réunion avec la direction, le 17 septembre, n'a apporté aucune avancée, le dialogue étant « plutôt rompu ». Si aucune solution n'est trouvée d'ici le 2 septembre, une nouvelle mobilisation pourrait être lancée, prolongeant le bras de fer entre le personnel et la direction d'EasyJet.



