Le gouvernement américain a annoncé, mardi 18 août 2026, l'imposition de sanctions financières et de restrictions de visa à l'encontre de Tomoko Akane, présidente de la Cour pénale internationale (CPI). Cette décision, révélée par le département d'État, vise directement la magistrate japonaise en raison des enquêtes ouvertes par la Cour sur des ressortissants américains et israéliens. C'est la première fois que Washington cible un haut responsable de la CPI de cette manière.
Une décision sans précédent contre la CPI
Les sanctions comprennent le gel des avoirs de Tomoko Akane aux États-Unis et l'interdiction d'entrée sur le territoire américain pour elle et sa famille proche. Selon le secrétaire d'État, ces mesures répondent à des "actions illégitimes" de la CPI qui, selon Washington, menacent la sécurité nationale des États-Unis et de leurs alliés, notamment Israël. La présidente de la CPI avait autorisé des enquêtes sur des soldats américains en Afghanistan et sur des responsables israéliens dans les territoires palestiniens.
La CPI dénonce une pression inacceptable
Dans un communiqué publié à La Haye, la CPI a exprimé sa "profonde préoccupation" et dénoncé une "tentative d'entraver la justice internationale". Tomoko Akane, élue à la présidence en 2024, a déclaré : "Ces sanctions ne nous détourneront pas de notre mandat. La Cour continuera à agir en toute indépendance, conformément au Statut de Rome." Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme, dont Amnesty International, ont également condamné cette décision, y voyant un "danger grave pour l'État de droit".
Des précédents et des conséquences
Cette action s'inscrit dans une escalade des tensions entre les États-Unis et la CPI. En 2020, l'administration Trump avait déjà imposé des sanctions à l'ancienne procureure Fatou Bensouda, levées ensuite par l'administration Biden. La nouvelle mesure, prise sous l'administration actuelle, marque un durcissement supplémentaire. Les analystes estiment que ces sanctions pourraient compliquer les enquêtes de la Cour, mais aussi affaiblir la coopération judiciaire internationale. Les États-Unis ne sont pas membres de la CPI, mais ils peuvent influencer ses travaux par des pressions diplomatiques et financières. La décision de Washington pourrait également affecter les relations avec les 123 États parties au Statut de Rome, qui soutiennent majoritairement la Cour.



