Bip Apollo fabriquera ses sculptures monumentales à Menton
Bip Apollo fabriquera ses sculptures monumentales à Menton

L'artiste américain Bip Apollo, connu pour ses œuvres à Monaco et à Menton, a acquis un entrepôt de 1 100 m² dans le Piémont italien. Son objectif : devenir l'un des rares artistes au monde à fabriquer lui-même ses sculptures monumentales, plutôt que de sous-traiter leur production à des usines d'Europe de l'Est ou d'Asie.

Un projet né d'une réflexion sur l'authenticité

Adoptant la devise « Believe in People » comme nom d'artiste, Bip Apollo mise sur l'authenticité. Il explique avoir imaginé ce projet alors qu'il réalisait des peintures murales. « Je me suis dit que je voulais faire des sculptures aussi grandes que ces peintures, de la taille de la Statue de la Liberté. Quelque chose de vraiment immense comme le faisaient Claes Oldenburg et sa femme », confie-t-il.

L'artiste, partiellement installé à Menton, souhaite faire de cette ville l'épicentre de sa révolution artistique. Deux de ses œuvres ornent déjà les murs de la cité : le David fessu et la Vénus tourbillonnante. Sa signature est présente dans 25 pays.

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Menton, un choix stratégique

« Menton possède une histoire artistique incroyable. L'un de mes endroits préférés, c'est le cimetière du vieux château. Si l'on observe les sculptures des mausolées, on sent tout l'amour investi dans les moindres détails », commente-t-il. Il précise vouloir promouvoir la ville à travers ce projet.

La région de Menton, doublement frontalière, était la seule à permettre cette vision. « Je crée à Menton, je fabrique en Italie et je recherche des financements à Monaco », résume-t-il. Les sculptures devraient être présentées en avant-première en Principauté avant d'être offertes à d'autres pays.

Un processus artisanal et des financements inédits

Bip Apollo souhaite employer le même procédé que pour ses sculptures en bronze, comme les bustes des anciens maires de San Francisco Willie Brown et Art Agnos. « Je pars d'un moule en argile sur lequel je verse du silicone liquide, puis je coule une couche de fibre de verre. Ensuite, je retire la partie interne et, en gros, la fibre de verre va à l'intérieur, ce qui permet de reproduire tous les détails », détaille-t-il.

Pour financer ce projet d'envergure, l'artiste a dû réunir des fonds pour la première fois. « Jusqu'alors, j'avais toujours quelque chose à vendre et les gens achetaient. Mais pour un projet de cette ampleur, je ne pouvais pas être seul », glisse-t-il. Parmi ses mécènes figurent Rosalyn Chen et Tom Chavez, pour qui « Bip allie, chose rare, une vision au service d'un concept d'envergure et la rigueur nécessaire pour le concrétiser pleinement ».

Un artiste engagé et résilient

Sans formation académique, Bip Apollo reste humble : « Peut-être que je me vautrerai lamentablement, mais ce n'est pas grave. Je me suis engagé à défendre de nouvelles initiatives au service du public. Et si j'échoue, je tenterai simplement une autre approche », clame-t-il. Il prévoit de s'entourer d'une quinzaine d'artistes pour bâtir ces œuvres de grande taille.

L'artiste, qui a survécu à une fusillade dans son lycée, conclut : « J'ai de la chance d'avoir survécu au-delà de mes 17 ans. Alors peu m'importe de mourir sans rien posséder. Donnez-moi juste de l'art, du bon art auquel je puisse croire, et ça me suffit. »

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