L'ancien ministre de l'Économie Bruno Le Maire a publié dimanche 23 août un manifeste de 60 pages intitulé « pour une autre France », dans lequel il propose la création d'une Fédération réunissant la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Pologne et les Pays-Bas. Ce texte, présenté comme celui « d'un homme libre », vise à « lancer le débat sur la France que nous voulons » à l'occasion de la campagne présidentielle à laquelle il n'exclut pas de participer.
Trois priorités : autorité, prospérité, souveraineté
Pour l'ancien ministre, en retrait de la politique depuis deux ans, trois priorités s'imposent : « l'autorité », « la prospérité » et « la souveraineté ». Sur l'autorité, il estime que « l'État doit restreindre le champ de son action à la sécurité du territoire, à la protection des personnes, à l'Éducation et à la Santé. Tout le reste doit être délégué ».
Concernant la prospérité, il affirme que « nous devons rompre avec cette idée fausse, que nous pourrions travailler moins et gagner plus ». Il ajoute : « Nous payons aujourd'hui les choix faits sur les retraites en 1981. Les 1 000 milliards de dette, qui sont désormais 1 300, et qui seront demain beaucoup plus encore, sont le produit de cet aveuglement ».
Une Fédération d'États nations à six
Sur la souveraineté, Bruno Le Maire plaide pour une fédération d'États nations à six, car « le destin de la France et le destin de l'Europe ne font plus qu'un ». Cette Fédération « définira un nombre restreint de politiques publiques sur lesquelles les nations membres décideront de mettre leurs ressources en commun » et « disposera du poids politique pour imposer ses vues » à l'UE. Elle serait dotée de sa propre Constitution, de règles de décision communes et d'une capitale choisie par ses peuples.
Les six États conserveraient leur existence et leur identité, mais décideraient de « mettre leurs ressources en commun pour fonctionner comme un seul État » dans un nombre limité de domaines, tels que les semi-conducteurs, l'intelligence artificielle, les diplômes universitaires. Cette Fédération resterait néanmoins à l'intérieur de l'UE, tout en restant ouverte aux pays souhaitant la rejoindre, note BFMTV.
Des propositions économiques radicales
Dans Le Parisien Dimanche, l'ancien ministre juge « qu'une crise globale des dettes souveraines est possible » avec la remontée en cours des taux d'intérêt. « Nous avons quelques mois, au plus, pour prendre les décisions nécessaires », avertit-il, en prônant la désindexation des pensions de retraite, des aides sociales et du barème de l'impôt sur le revenu.
Sur le long terme, il estime nécessaire « trois décisions : une règle constitutionnelle sur la bonne tenue des comptes, une réforme des retraites avec un âge légal de départ à la retraite à 65 ans et une part de capitalisation, de la souplesse dans le recrutement des fonctionnaires ». Il propose également « de basculer le financement de notre modèle du travail sur la consommation par une augmentation de 2 à 3 points du taux de TVA ». En contrepartie, « les charges salariales baisseront et le salaire net augmentera », écrit-il, se disant favorable à « une augmentation immédiate du Smic ».



