Alors que l'Islande envisageait un nouveau référendum sur son adhésion à l'Union européenne, un récent sondage indique que 55 % des Islandais y sont opposés. Le gouvernement de Reykjavik privilégie désormais une coopération bilatérale avec l'UE, sans adhésion.
Un rejet historique de l'UE
Le sondage, réalisé par l'institut Maskína pour le compte du journal Fréttablaðið, révèle que 55 % des personnes interrogées voteraient contre une adhésion à l'UE, contre 28 % qui y seraient favorables. Ce rejet est d'autant plus marqué que l'Islande avait déjà rejeté l'UE lors d'un référendum en 2015.
La Première ministre islandaise, Katrín Jakobsdóttir, a déclaré que son gouvernement n'avait pas l'intention de relancer le processus d'adhésion. Selon elle, « la majorité des Islandais ne veulent pas adhérer à l'UE, et nous respectons cette décision ».
Une coopération bilatérale privilégiée
Le gouvernement islandais souhaite plutôt renforcer les accords bilatéraux avec l'UE, notamment dans les domaines du commerce, de la pêche et de l'énergie. L'Islande est déjà membre de l'Espace économique européen (EEE) et de l'espace Schengen, ce qui lui permet de bénéficier du marché unique sans adhérer à l'Union.
Cette position est confortée par les récents accords conclus avec l'UE sur la pêche, qui ont permis de préserver les intérêts des pêcheurs islandais. « Nous avons trouvé un équilibre qui respecte notre souveraineté sur nos ressources marines », a expliqué le ministre des Affaires étrangères, Þórdís Kolbrún Reykfjörð Gylfadóttir.
Des avantages à rester en dehors
Les partisans du non soulignent que l'Islande bénéficie déjà de la plupart des avantages de l'UE sans en subir les contraintes. Le pays conserve notamment le contrôle de ses ressources naturelles, de sa politique monétaire et de ses frontières.
Le précédent référendum de 2015 avait déjà montré un rejet massif (53 % contre), malgré l'effondrement économique de 2008. Depuis, l'économie islandaise s'est redressée, et la question de l'UE n'est plus une priorité pour les électeurs.
Un avenir incertain
Malgré ce rejet, certains responsables politiques islandais plaident pour une reprise des négociations, notamment au sein du parti de l'Indépendance, membre de la coalition gouvernementale. Toutefois, la Première ministre a exclu toute nouvelle consultation avant la fin de la législature.
L'Islande pourrait toutefois être confrontée à des pressions extérieures pour rejoindre l'UE, notamment dans le contexte de la guerre en Ukraine et de la volonté d'élargissement de l'Union. Mais le gouvernement de Reykjavik semble déterminé à rester « chef de son propre orchestre », comme le résume le quotidien Fréttablaðið.



