Nairobi : 7 disparus après l'effondrement d'un immeuble en construction
Nairobi : 7 disparus après l'effondrement d'un immeuble

Sept personnes sont portées disparues sous les décombres d'un immeuble d'une quinzaine d'étages en construction qui s'est effondré vendredi 23 octobre à Nairobi, au Kenya. Les secours, qui ont réussi à entrer en contact avec certaines d'entre elles, poursuivent leurs recherches.

Un effondrement en pleine journée dans le quartier d'Eastleigh

L'effondrement s'est produit dans le quartier densément peuplé d'Eastleigh, très fréquenté par la communauté somalienne. Des vidéos circulant en ligne montrent le bâtiment s'effondrer en quelques secondes, dégageant d'épais nuages de poussière. Selon le ministre de l'Intérieur Kipchumba Murkomen, qui s'est exprimé sur X, onze magasins au rez-de-chaussée et au sous-sol étaient occupés au moment de l'effondrement.

« Nous avons vu les murs s'effondrer petit à petit, pendant plusieurs minutes. Nous avons essayé de crier, de prévenir les gens, mais personne n'a écouté », a déclaré à l'AFP Muhiyadin Abdi, qui possède une boutique voisine de l'immeuble écroulé. « Puis il y a eu un bruit énorme, accompagné d'un grand nuage de poussière. Et l'immeuble s'est effondré », a ajouté le commerçant.

Les secours en contact avec des victimes

Le commandant de la police de Nairobi, Issa Mohamud, a indiqué à la presse que les secouristes ont entendu « la voix d'une femme ». « Nous espérons pouvoir la sauver », a-t-il ajouté. Les opérations de sauvetage ont mis du temps à démarrer, le site de l'incident étant enserré par d'autres immeubles élevés, ce qui rend les interventions complexes.

Selon Bibiye Mahmoud, présidente de l'Institution d'ingénierie et de technologie du Kenya, des ouvriers effectuaient des travaux de finition dans le bâtiment lorsqu'il s'est effondré. « Il y a donc beaucoup de personnes prises au piège ici », a-t-elle estimé.

Des défauts de construction évoqués

Des défauts de construction ont rapidement été évoqués. « Les gens sur place rapportent que des signes de fragilité, comme des fissures, avaient été observés », selon John Ogallo, vice-président de l'Institution des ingénieurs du Kenya. Si l'on construit avec des matériaux inadaptés, « cela devient une bombe à retardement », a-t-il expliqué à des journalistes sur place.

Nairobi connaît un essor de la construction extrêmement rapide et les cas d'effondrements d'immeubles ne sont pas rares, souvent en raison de l'emploi de matériaux de mauvaise qualité et du non-respect des réglementations. « Les entrepreneurs et les ingénieurs sont censés veiller à ce que les travaux soient suivis par des professionnels. Or ce n'est souvent pas le cas. C'est pourquoi nous assistons à de telles catastrophes », a jugé Mme Mahmoud. « Mais les responsables ne sont pas sanctionnés », a-t-elle déploré.

Un bilan lourd dans le pays

Selon un rapport de l'Institut kényan pour la recherche et l'analyse des politiques publiques, 86 effondrements de bâtiments ont eu lieu entre 2009 et 2019, causant la mort d'environ 200 personnes. Un audit portant sur près de 15 000 bâtiments, réalisé par l'Inspection nationale du bâtiment, a révélé que 4,8 % d'entre eux présentaient un danger extrême, tandis que 72,3 % étaient classés comme non sûrs.

Le nombre de bâtiments achevés chaque année à Nairobi est passé de 20 025 en 2022 à 25 090 l'an dernier, selon le bureau national des statistiques. La ville est un pôle économique majeur d'Afrique de l'Est et attire des populations venant de zones rurales et de pays voisins.