Agression au couteau à Six-Fours : deux ans de prison
Agression au couteau à Six-Fours : 2 ans de prison

Le tribunal correctionnel de Toulon a condamné ce mardi un homme de 20 ans à deux ans de prison pour une agression au couteau survenue le 28 mars 2023 à Six-Fours. Le prévenu, qui venait de sortir de prison au moment des faits, a également été interdit de détenir une arme pendant cinq ans. L'une des deux victimes, un passager de 20 ans, avait reçu un coup de couteau au visage, lui occasionnant 10 jours d'incapacité totale de travail (ITT).

Une agression sans raison apparente

Ce soir-là, vers 22 heures, deux amis de 20 ans faisaient un tour en voiture en écoutant de la musique. Le conducteur s'était arrêté sur le bas-côté pour changer de chanson lorsqu'un individu a ouvert la portière et surgi dans le véhicule, armé d'un couteau. Le passager a été touché au visage mais a réussi à se défendre. « Je n'avais pas ma ceinture de sécurité, ça m'a sauvé la vie. J'ai pu me défendre en lui mettant des coups de pied. Avec l'adrénaline, je n'ai pas compris de suite que j'avais été touché. Je n'avais jamais vu cet individu de ma vie », a raconté la victime, un intermittent du spectacle, lors de l'audience.

Les deux jeunes hommes ont réussi à mettre leur agresseur en fuite et se sont réfugiés dans la maison la plus proche. « Ça m'a énormément marqué », a glissé la victime, qui porte une balafre sur la joue depuis cette soirée. C'était la première fois qu'elle revoyait son agresseur, plus de trois ans après les faits.

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Des preuves accablantes malgré les dénégations

Le prévenu, âgé de 20 ans, a nié en bloc, affirmant : « Je n'ai rien à voir avec cette histoire ». Pourtant, son téléphone portable a été retrouvé à côté de la voiture le soir des faits. « Ce soir-là, votre téléphone portable est pourtant retrouvé à côté de la voiture. Comment l'expliquez-vous ? », a questionné la présidente Milina Lam-Kon-Seng. Le prévenu a répondu : « Je ne sais pas. Il ne marchait plus, je l'avais jeté dans la forêt. Quelqu'un a dû le récupérer ».

En plus de son ADN retrouvé sur le téléphone, les vidéos de caméra surveillance de la Ville ont confondu le jeune homme, qui était en rupture de traitement contre sa schizophrénie à l'époque. Il a été arrêté trois jours plus tard. Face à ces éléments, le procureur a asséné : « C'est un coup de couteau gratuit et inadmissible. Vous niez, mais tout vous accuse ! La prochaine personne qui croisera cet homme, ça finira probablement aux assises ». Le prévenu a alors tenté d'expliquer : « J'entends des voix ».

La défense conteste la procédure

En partie civile, Me Cyrille La Balme a exprimé son inquiétude : « Mon client aurait pu mourir ce soir-là. Tous les jours, il se demande pourquoi un fou malade s'est attaqué à lui. Et il n'a pas de réponse ». Il s'est dit « très inquiet de savoir cet individu en liberté ».

En défense, Me Julie Kerangueven a prévenu : « Il ne faut pas qu'on se laisse déborder par les émotions ». L'avocate a déploré « une enquête pas sérieuse », estimant que « la procédure est très fragile, on ne peut pas considérer la présence du téléphone comme une preuve, car mon client habite à proximité ! »

Le tribunal a finalement déclaré le prévenu coupable et l'a condamné à deux ans de prison, assortis d'une interdiction de détenir une arme pendant cinq ans. Cette condamnation intervient plus de trois ans après les faits, marquant la fin d'une procédure judiciaire longue pour les victimes.

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