La séquence « Droit dans les yeux » de « la Grande Librairie » diffusée mercredi 9 septembre, dans laquelle Adèle Haenel s'exprimait sur la situation à Gaza, a été dépubliée du replay dès le lendemain par France Télévisions. Cette décision a déclenché une polémique qui ne cesse d'enfler, la comédienne ayant utilisé cette tribune libre pour évoquer le conflit israélo-palestinien.
Une tribune libre retirée de la plateforme de replay
Chaque semaine, « Droit dans les yeux » constitue le temps fort de « la Grande Librairie ». Diffusée en direct puis abondamment relayée sur les réseaux sociaux, cette séquence invite un écrivain ou une écrivaine à s'exprimer face caméra pour clore l'émission. L'animateur Augustin Trapenard rappelle à chaque fois qu'il s'agit d'une « tribune libre », que les auteurs et autrices peuvent utiliser comme bon leur semble. Des personnalités aussi différentes que Delphine Horvilleur, Michel Houellebecq ou Annie Ernaux se sont succédé sur ce fauteuil.
Mercredi 9 septembre, c'était au tour d'Adèle Haenel de se prêter à l'exercice. La comédienne, qui vient de publier son premier livre « Viser juste » aux éditions de l'Arche, participait à l'émission aux côtés d'autres figures phares de la rentrée littéraire, dont Philippe Jaenada, Lilia Hassaine ou Ananda Devi. Son regard planté dans celui des téléspectateurs, Adèle Haenel s'est lancée dans une intervention sur la situation à Gaza, avant que la vidéo ne soit retirée du replay dès le lendemain.
Une polémique qui enfle depuis la décision de France Télévisions
La décision de France Télévisions de dépublié la vidéo a immédiatement suscité des réactions. La polémique ne cesse d'enfler depuis, les observateurs s'interrogeant sur les raisons de ce retrait et sur une éventuelle censure des propos de l'actrice. Le contexte est d'autant plus sensible que le conflit israélo-palestinien reste un sujet extrêmement clivant dans le débat public français.
Adèle Haenel n'en est pas à son premier engagement politique. L'actrice, connue pour ses prises de position, avait notamment quitté le palais de justice de Paris le 3 février 2025 après le verdict rendu dans le procès du réalisateur français Christophe Ruggia, condamné à quatre ans d'emprisonnement, dont deux à purger sous bracelet. Cette nouvelle controverse intervient alors que la comédienne poursuit la promotion de son premier ouvrage.
Un précédent dans le traitement des séquences politiques
Cette affaire soulève des questions sur le traitement éditorial des prises de parole politiques dans les émissions culturelles du service public. La séquence « Droit dans les yeux » avait jusqu'ici été épargnée par ce type de polémique, les interventions des écrivains étant généralement relayées sans modification. Le retrait de la vidéo d'Adèle Haenel marque une rupture dans cette pratique.
France Télévisions n'a pas encore communiqué officiellement sur les raisons de cette dépublication. En attendant, la polémique continue d'enfler, alimentée par les réactions sur les réseaux sociaux et les prises de position de personnalités du monde culturel. L'issue de cette affaire pourrait avoir des conséquences sur la manière dont les émissions du service public gèrent les prises de parole engagées de leurs invités.



