Le musée Albert-Dubout, situé dans une petite redoute du XVIIIe siècle sur la presqu'île de Palavas, commémore les 50 ans de la disparition du dessinateur héraultais avec une exposition qui plonge les visiteurs dans un univers grouillant de personnages agglutinés. Malgré sa taille exiguë, le lieu accueille chaque année 6 000 visiteurs, attirés par l'art de Dubout de faire entrer des centaines de personnes au chausse-pied dans ses dessins.
Un hommage au maître du dessin de presse
Né à Marseille, Albert Dubout a passé son enfance et son adolescence à Nîmes, avant de suivre des études aux Beaux-Arts à Montpellier. Il a ensuite fait carrière à Paris, tout en partageant son temps entre la capitale et Saint-Aunès, aux portes de Montpellier. L'exposition actuelle met en lumière son œuvre, marquée par des scènes de foule, des arènes bondées et des personnages grotesques.
Le dessinateur, qui rêvait de devenir torero, a développé un style unique, où les détails foisonnent. Les visiteurs peuvent admirer des dessins représentant des pêcheurs agglutinés, des scènes de beuverie, ou encore un cheval tirant une diligence bondée, évoquant l'ancêtre du Petit train de Palavas.
Des expositions à Marseille, Palavas et Saint-Aunès
L'exposition au musée Regards de Provence à Marseille se termine le 20 septembre (entrée 8,50 €). Celle de Palavas se poursuit jusqu'au 14 mars 2027 (entrée adultes 5 €, gratuit pour les moins de 19 ans). Des visites commentées par Didier Dubout sont proposées les samedi 19 et dimanche 20 septembre à 10 h 30, 14 h 15 et 15 h 45 au musée. Une conférence de Didier Dubout est également prévue le 18 septembre à 18 h à la salle de cinéma le Nautilus.
À Saint-Aunès, une autre exposition est visible à la médiathèque jusqu'au 26 septembre (entrée libre), avec une conférence de Didier Dubout le samedi 19 à 18 h 30.
Un héritage complexe
Albert Dubout, qui s'est inspiré de deux bourgeois montpelliérains pour créer ses personnages emblématiques de la grosse femme et du petit bonhomme, a marqué l'histoire du dessin. Sa deuxième épouse, la dessinatrice Suzanne Ballivet, racontait qu'il avait trouvé son inspiration dans ce couple : « Elle était une belle femme, plantureuse et autoritaire, lui avec son canotier, un petit bonhomme qui suivait madame ».
Ironie du sort, Dubout, dont les dessins regorgent de foules, « avait peur de la foule, horreur même », confiait son fils Jean à Midi Libre en 2011. Cette exposition permet de découvrir ou redécouvrir l'œuvre d'un artiste qui a su capturer l'essence de la société de son époque, bien avant les « Où est Charlie ? » de Martin Handford.



