À huit mois de la présidentielle, les sondages sont d'une fiabilité contestable, mais les candidats eux-mêmes font semblant d'y croire. Selon Lionel Paoli, éditorialiste, ces « photographies de l'opinion » sont « à peu près aussi fiables que les prédictions de Madame Irma ». Pourtant, les intéressés s'appuient sur ces enquêtes pour se positionner dans la course à l'Élysée.
Une pluie de sondages aux résultats contestés
Alors que la rentrée s'annonce ensoleillée, la météo politique se gâte. Les médias sont submergés de sondages, comme si le scrutin devait se jouer dès dimanche. Pourtant, l'avenir du vote n'est pas plus clair dans les bureaux d'Ipsos que dans le marc de café, ironise l'éditorialiste. Les instituts de sondage brossent un scénario qui, selon lui, ne reflète pas la réalité.
Selon ces prévisions, Marine Le Pen serait largement en tête au premier tour, quasi-assurée de l'emporter au second. Jean-Luc Mélenchon serait son challenger inéluctable. Les autres candidats seraient ainsi disqualifiés avant même le début du match, poussant les électeurs à choisir entre ces deux « sérieux » prétendants.
Un jeu de dupes qui invisibilise les autres candidats
L'histoire regorge pourtant d'aspirants couronnés trop tôt, puis oubliés. Mais le Rassemblement National et La France Insoumise ont tout à gagner à accréditer cette fiction, estime Lionel Paoli. Le premier se présente comme le « parti de l'ordre » face aux « fauteurs de troubles » ; le second évoque sans cesse les fantômes de Vichy.
Les autres prétendants se laissent entraîner dans ce jeu de dupes qui les invisibilise. Laurent Wauquiez a ainsi déclaré ce dimanche, contre l'évidence, que Mélenchon « s'approche du pouvoir ». Une affirmation qui contredit les données disponibles, mais qui illustre la tendance des candidats à se conformer au récit imposé par les sondages.
Un avenir électoral incertain
La vérité, rappelle l'éditorialiste, est que le jour du vote, loin des réseaux sociaux et des prédictions, les électeurs glisseront dans l'urne le bulletin de leur choix. Jusqu'à cette heure, rien n'est écrit. Les sondages, bien que largement relayés, ne préjugent pas de l'issue du scrutin.
Cette situation souligne l'écart entre la perception médiatique et la réalité du terrain. Les électeurs, conscients de la fragilité de ces enquêtes, pourraient bien réserver des surprises le jour J.



