De nombreux Cannois se sont rassemblés devant l'église Notre-Dame-de-Bon-Voyage pour assister aux obsèques de Philippe Bouvard, décédé le 24 août près de la Croisette. Ni producteurs, ni animateurs, ni personnalités du monde du spectacle, ces anonymes tenaient à rendre un dernier hommage à celui qui a accompagné leur quotidien pendant des décennies, à la presse, à la radio et à la télévision.
Une attente empreinte de souvenirs et d'émotion
Dès les premières heures, l'ambiance aux abords de l'église évoquait un petit festival de Cannes. Certains étaient arrivés très tôt, espérant apercevoir les personnalités venues saluer une dernière fois l'animateur. Anne, une Cannoise, confie : « Je voulais être en avance pour voir passer les vedettes ». Elle espérait notamment croiser Laurent Ruquier, qu'elle apprécie particulièrement, mais l'animateur n'était pas présent à la cérémonie.
Pour Anne, Philippe Bouvard était aussi un voisin. « On se disait juste bonjour », raconte-t-elle. Elle suivait surtout les Grosses Têtes à la radio, l'après-midi. Interrogée sur ce qu'elle retenait de l'homme, elle répond avec franchise : « Je le trouvais un peu vulgaire, un peu agressif avec les femmes. C'était comme ça dans mon quartier. On l'appréciait comme ça. »
Un homme du quartier, une figure du paysage cannois
Brigitte, qui habite « en face de chez lui » et a travaillé dans les casinos cannois, attendait depuis près d'une heure. Elle ne le connaissait pas personnellement, mais sa présence dans le quartier faisait partie du paysage. Pour elle, Bouvard reste « un grand monsieur qui a fait beaucoup de bien et qui a lancé beaucoup de personnes et d'humoristes ». Elle regrette toutefois que peu d'entre eux soient venus lui rendre hommage.
André, lui, évoque un souvenir d'enfance : « Quand j'étais petit, je regardais souvent Les Grosses Têtes, avec Sim et tout ça. » Il se souvient des émissions, des déguisements et des artistes que Bouvard avait contribué à faire connaître. « C'est toute une époque qui me concerne. On se sent un peu de son époque », confie-t-il, retenant de l'animateur « quelqu'un qui avait beaucoup de bagou et de répartie ».
Un héritage qui perdure au-delà des générations
Marie-José, venue du Cannet, partage cette nostalgie : « Du temps des Grosses Têtes, Monsieur Bouvard m'a bien fait rire. C'était un grand homme et il va nous manquer. » Fabienne, venue de Mandelieu avec son mari, ajoute : « On est fans et on continue d'écouter les anciennes émissions. » Elle tient aussi à rappeler une autre facette de son héritage : « Il ne faut pas oublier Le Théâtre de Bouvard, qui a fait connaître beaucoup d'humoristes. On s'est éclatés de rire, à la télé comme à la radio. Je pense qu'il est irremplaçable. »



