Édouard Philippe et Gabriel Attal, tous deux candidats à l'élection présidentielle de 2027, ont dévoilé à un jour d'intervalle leurs propositions en matière d'éducation. Le premier dans Le Monde, le second dans Le Figaro. Si des points de convergence existent, notamment sur la revalorisation des salaires des enseignants, les deux anciens Premiers ministres divergent profondément sur l'autonomie des établissements et l'organisation du collège.
Des convergences sur les salaires et la taille des classes
Concernant la rémunération des enseignants, Gabriel Attal souhaite que leur traitement soit revalorisé de 200 euros net par mois, jusqu'à 500 euros net pour les milieux de carrière. Il constate que le métier a été « progressivement smicardisé ». De son côté, Édouard Philippe propose « une augmentation de 20 % de la rémunération moyenne des enseignants ». Il reconnaît que c'est « massif, mais indispensable pour redonner de la dignité à leur métier ».
Les deux candidats partagent également le constat de la surpopulation des classes. Édouard Philippe souligne qu'« avec près d'un million d'élèves en moins, nous avons les moyens de continuer à réduire les effectifs dans les classes là où c'est nécessaire et de mieux rémunérer les professeurs sans dégrader les finances publiques ». Gabriel Attal veut, pour sa part, « atteindre moins de 20 élèves par classe grâce à la baisse démographique » dans le primaire. Il refuse toutefois que cette diminution serve à réaliser des économies.
Attal veut transformer le collège, Philippe mise sur l'autonomie
Gabriel Attal propose de rétablir le certificat d'études, abandonné depuis un demi-siècle, « à l'entrée en 6e pour garantir que les élèves ont le bagage nécessaire ». Il prévoit une année passerelle pour ceux qui n'auraient pas le niveau. Le brevet des collèges deviendrait obligatoire pour passer en classe de seconde. Il revient également sur son idée d'un « collège plus individualisé » avec une généralisation des groupes de niveau en français et en mathématiques, mesure qu'il avait introduite comme ministre mais qui avait été contestée puis abandonnée.
Édouard Philippe, qui estime aussi que le niveau est trop bas, choisit une autre approche. Il mise sur la formation des enseignants avec la création « d'écoles normales plus exigeantes sur les savoirs fondamentaux » et veut « modifier la carrière des professeurs » pour leur permettre des évolutions. Il souhaite développer « une école des savoirs fondamentaux, qui remet en son cœur le mérite et l'excellence » grâce à une plus grande autonomie laissée aux établissements. Cela implique d'adapter l'organisation des classes, des rythmes scolaires et de la pédagogie en fonction des réalités locales. Les chefs d'établissement devraient avoir le pouvoir de rajouter des heures d'enseignement lorsque c'est nécessaire.
Autorité pour Philippe, stabilité pour Attal
Édouard Philippe souhaite instaurer une « amende de responsabilisation scolaire » sur le modèle du Royaume-Uni, destinée aux parents d'enfants harceleurs, perturbateurs, absentéistes, ou aux parents violents. Il a fait du « retour de l'autorité, de la sécurité et de la sérénité » une priorité.
Gabriel Attal prêche plutôt la stabilité. Il déplore que depuis 2022, « on a eu sept ministres de l'Éducation nationale en quatre ans et de nombreux changements de ligne », ce qu'il qualifie de « très mauvais "en même temps" » qui a nui aux objectifs. Ces déclarations ont été faites mardi 25 août, lors d'une escale dans l'Hérault.



