La chasse rouvre ce dimanche 13 septembre 2026 en France, dans un climat de polémiques. Plus de 950 000 pratiquants sont attendus, dont 106 000 en Occitanie. Les fédérations affichent leur sérénité malgré les critiques et les appels à l'interdiction.
Une reprise sous le signe de la controverse
Après un été marqué par plusieurs polémiques, la chasse reprend ce dimanche 13 septembre 2026. Les passionnés sont partagés entre excitation et colère. « C'est comme attendre avec impatience que les premiers flocons tombent pour sortir sa paire de ski. C'est la même émotion », confie un chasseur. La pratique, bien que régulièrement émaillée de polémiques, continue de rassembler plus de 950 000 personnes en France chaque année, dont plus de 100 000 en région Occitanie.
La dernière controverse en date implique l'écologiste Sandrine Rousseau, qui a déclaré qu'il faudrait « affronter » les chasseurs. Une pétition lancée par un particulier a rassemblé près de 500 000 signatures pour interdire la chasse sur les terres incendiées. L'association 30 millions d'amis demande l'interdiction de la chasse les week-ends et pendant les vacances. La Ligue de protection des oiseaux a lancé une consultation publique dans l'espoir de mobiliser massivement contre le nouveau classement ESOD (espèces susceptibles d'occasionner des dégâts).
Des chiffres qui rassurent les fédérations
Malgré cette atmosphère particulière, les passionnés sont au rendez-vous. Jean-Pierre Sanson, président de la fédération régionale des chasseurs et de l'antenne des Pyrénées-Orientales, n'est pas inquiet et assure que « l'ouverture s'annonce bien ». Les chasseurs sont plus de 950 000 en France, dont 106 000 en Occitanie, nous fait-il savoir.
L'Office français de la biodiversité (OFB) a décompté 92 accidents de chasse sur la saison 2025-2026, ayant fait quatre morts, 57 blessés graves et 31 blessés légers. Les quatre victimes décédées sont tous des chasseurs, trois s'étant tués avec leur propre arme. Neuf blessés sur dix sont d'ailleurs des chasseurs, dans ce bilan qui est un des moins dramatiques depuis longtemps, le nombre total de victimes restant en dessous de la moyenne des 20 dernières années, fixée à 128 accidents. Le chiffre des morts est d'ailleurs le plus bas depuis 20 ans, loin des 22 décès enregistrés en 2007 et 2009.
Une pratique qui s'adapte et se renouvelle
« Ça s'annonce bien, pronostique Yves Bastié. Le grand gibier est toujours au rendez-vous. Pour le petit gibier, on a eu une bonne reproduction du lièvre et de la perdrix cette année. » À la tête de la fédération de Haute-Garonne, Sébastien Dejean promet que les adhérents sont formés aux enjeux de préservation et s'adapteront aux espèces les plus en difficulté : « Nous sommes aujourd'hui dans l'ère de la chasse adaptative. Les premières observations liées à la canicule ne sont pas inquiétantes. Il n'y a pas une hécatombe d'une espèce particulière. »
Les fédérations n'enregistrent pas de baisse notable du nombre d'adhérents. « On se maintient avec une légère baisse autour de – 1, – 2 %. Tout simplement parce qu'on a une population âgée », analyse le président des chasseurs de l'Aveyron, Jean-Pierre Authier. Rien d'alarmant avec sa vue d'ensemble : « Depuis une dizaine d'années, relativise le passionné, on a à peu près deux fois plus de permis de chasser. » Lui a enregistré entre 350 et 450 nouvelles inscriptions au permis. Son confrère haut-garonnais en est à 600. Jean-Pierre Sanson assure, lui, qu'au « niveau du permis de chasser, on a des plannings qui sont déjà pleins jusqu'en 2027 ».
L'enthousiasme des jeunes chasseurs est contrasté cependant. Dans l'Aude, Yves Bastié déplore une baisse de 250 inscriptions chaque année : « Auparavant, il n'y avait que la chasse. Aujourd'hui, beaucoup de loisirs sont à disposition des jeunes. »
Partager la forêt et apaiser les tensions
Des chiffres qui ne découragent pas les passionnés, tant s'en faut. Après avoir passé un été difficile à défendre une pratique qu'ils jugent méconnue, les chasseurs rappellent que la sécurité reste la priorité. Surtout : « Ne pas tirer est un acte de chasse », loin de l'image archaïque du chasseur imprudent, rappelle Sébastien Dejean. Rémy Corthézy, de Rando Loisirs 34, confirme ce changement des us et coutumes : « C'était il y a trente ans le mythe du chasseur ivre à 11 h du matin, ça fait longtemps que ça ne nous est pas arrivé d'en croiser un ! C'est sûr que certains se croient tout permis, mais en général, la cohabitation se passe bien ! »
Un constat de terrain qui n'est pas toujours partagé. Fin août, l'écologiste Sandrine Rousseau a déclaré : « Il va nous falloir nous affronter à cette ouverture de la chasse. Nous serons là debout, face à eux, physiquement ! » Régulièrement ciblée pour ses prises de position anti-chasse, la députée de l'Essonne n'a pas répondu à nos sollicitations concernant cette nouvelle déclaration. La Fédération nationale des chasseurs a annoncé déposer plainte.
Pour le président de la fédération aveyronnaise, « ce genre de propos, on les retrouve envers les chasseurs, les agriculteurs, les gardes forestiers… C'est tout ce qui fait la ruralité qui est attaqué ». « Mais c'est quand même assez catastrophique qu'un élu de la République se permette d'inciter des personnes au combat physique », fulmine l'Audois Yves Bastié. Son confrère haut-garonnais Sébastien Dejean aspire à plus de calme, et de dialogue surtout : « Il va falloir qu'on apprenne tous à vivre ensemble. » Pour ce faire, Jean-Pierre Authier signe « depuis longtemps des conventions avec l'ensemble des associations de sport nature en Aveyron. Et on fait régulièrement des dégustations de viande de gibier ». Ils devraient casser la croûte en bonne entente ce dimanche.



