Les pompiers lancent une mobilisation de plus de six semaines à compter de ce mardi. Les neuf syndicats représentatifs, dont huit réunis en intersyndicale, entendent arracher des moyens financiers, matériels et humains ainsi qu'un recentrage de leurs missions. Le mouvement commence alors que les syndicats doivent se voir présenter à 11 heures au ministère de l'Intérieur les premiers chapitres d'un projet de loi de modernisation de la Sécurité civile.
Un calendrier chargé pour les soldats du feu
Le préavis des pompiers court jusqu'au 20 octobre, date du début de l'examen du projet de loi de finances censé contenir d'autres mesures les concernant. Le point d'orgue du mouvement sera une manifestation à Paris le 29 septembre. Même si le mouvement n'aura pas d'impact sur les secours car des réquisitions sont possibles, les attentes sont très fortes. Les pompiers professionnels, fonctionnaires territoriaux, comptent déployer banderoles et messages sur les camions pour les signifier.
En première ligne depuis juin face aux incendies d'une virulence inédite, tout en assurant au quotidien les secours à la personne, les soldats du feu attendent beaucoup de ce texte. Plus de 20 ans après la dernière loi de modernisation, « on attend beaucoup du texte » né du Beauvau, cette concertation entamée en 2024 mêlant pompiers, Samu, financeurs et autres acteurs d'un système jugé à bout de souffle, commente Christophe Sansou (FO).
Des revendications structurelles et financières
« On ne s'attend pas à ce que le gouvernement sorte un lapin du chapeau », relativise toutefois Sébastien Delavoux (CGT), car selon lui, cette loi ne comprendrait pas de mesures structurelles, notamment le financement des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS). Sur les plus de six milliards d'euros de budget des SDIS, plus de cinq milliards sont financés par les collectivités territoriales, dont 59 % par les départements, d'où de grandes disparités selon les territoires.
La santé est une autre revendication majeure des syndicats, tout comme les embauches. « Ce qui nous met en colère aussi, c'est qu'on ne soit pas reconnu métier dangereux », résume Xavier Boy, du syndicat FA SPP-PATS et porte-parole de l'intersyndicale.
21.000 embauches réclamées
Concernant les embauches, l'intersyndicale réclame l'embauche de 21.000 professionnels, un nombre calculé sur la base d'un rapport de l'Inspection générale de l'administration (IGA) de 2025, autant de postes aujourd'hui occupés par des pompiers volontaires, précise Xavier Boy.
Depuis 2002, le nombre d'interventions a progressé de plus de 30 %, et la part du secours d'urgence aux personnes est passée de 59 % à 87 % des missions. Ces chiffres illustrent l'évolution des missions des pompiers, de plus en plus tournées vers le secours à la personne, ce qui justifie selon les syndicats la reconnaissance d'un métier dangereux et des moyens supplémentaires.



