Le rapport Draghi sur la compétitivité européenne, salué unanimement en septembre 2024, est resté lettre morte. Face à l'inaction, Mario Draghi, ancien président du Conseil italien, s'associe à Patrick Collison, patron de Stripe, pour fonder Rhine Group, un groupe de pression qui revendique déjà près de 60 membres influents.
Une initiative privée pour briser le statu quo
Le Rhine Group, présenté la semaine dernière, réunit des personnalités de premier plan : Niklas Zennström, PDG du fonds Atomico, Toomas Hendrik Ilves, ex-président estonien, Roula Khalaf, directrice de la rédaction du Financial Times, et Philippe Aghion, récent prix Nobel d'économie. Leur objectif commun : contrer l'agressivité économique des blocs américain et chinois.
L'économiste espagnol Luis Garicano, nommé directeur exécutif de la structure, détaille le plan de bataille. Le groupe entend peser sur les décisions bruxelloises pour transformer les recommandations du rapport Draghi en actions concrètes.
Un rapport salué mais ignoré
Présenté en septembre 2024, le rapport Draghi avait été unanimement salué par les institutions européennes. Pourtant, ses propositions sont restées sans suite, le dossier prenant la poussière sur un bureau bruxellois. Cette inertie a poussé l'ancien chef de gouvernement à agir par lui-même.
Le choix du nom Rhine Group, référence au fleuve Rhin, symbolise une volonté de rassemblement transfrontalier. En s'associant à Patrick Collison, dirigeant de la start-up irlandaise Stripe, Draghi ancre son initiative dans le monde de la tech et de l'innovation.
Un réseau d'influence déjà opérationnel
Les 60 membres fondateurs représentent un éventail varié d'experts, d'entrepreneurs et de décideurs. Leur diversité géographique et sectorielle confère au groupe une crédibilité immédiate. Luis Garicano, qui pilote l'organisation, devra traduire cette énergie en propositions concrètes.
Le Rhine Group se positionne comme un catalyseur pour sortir l'Europe de sa léthargie compétitive. Sa création intervient dans un contexte de tensions commerciales accrues avec les États-Unis et la Chine, où l'UE peine à défendre ses intérêts.



