Le mois de septembre s'impose comme une période de vacances prisée par une part croissante de la population. Selon une étude Ipsos parue en mai 2025, 37 % des Français déclarent préférer partir en vacances en septembre, contre 32 % pour juin et juillet, et 35 % pour août. Ce choix concerne environ sept millions de voyageurs, soit un Français sur quatre, estime Dominique Lecea, consultant tourisme au cabinet In Extenso.
Un profil type de vacancier plus libre
Les « septembristes » ne constituent pas un groupe homogène. Isabelle Frochot, maître de conférences à l'université Bourgogne-Europe, tente d'en dresser un profil : « Les retraités actifs, les couples sans enfants… ». Dominique Lecea complète : « Les professions libérales, les autoentrepreneurs, les jeunes actifs, les adeptes du télétravail en vacances également. Le spectre de la clientèle s'est ouvert. »
Ces profils, plus libres dans leur organisation, échappent aux contraintes des congés scolaires. « On manque un peu de données », concède Isabelle Frochot, mais les tendances se dessinent à travers les enquêtes et les réservations.
Des avantages tarifaires et climatiques
Le mois de septembre offre des tarifs nettement plus avantageux. « Sur des zones comme le bassin d'Arcachon, par exemple, on est à - 40 % », indique Dominique Lecea. Dans un contexte de budgets serrés, cet écart constitue un argument fort pour les vacanciers.
La moindre fréquentation des sites touristiques permet d'éviter la cohue estivale et d'élargir les choix. « On retrouve un rejet de la saturation, avec une notion de surtourisme qui imprègne les choix », note le consultant. Isabelle Frochot ajoute : « Il y a un facteur d'ambiance. Septembre n'a pas l'effervescence de mai ou de juin, c'est plus calme, plus reposant… »
La météo constitue également un attrait, surtout après un été marqué par des épisodes caniculaires, des incendies et des orages. Les vacanciers espèrent des températures plus clémentes et un confort accru.
Une tendance de fond qui s'installe
Cette préférence pour septembre n'est pas nouvelle mais se renforce. « C'est une tendance de fond, qui n'est pas nouvelle mais qui se renforce et qui va, je pense, durablement s'installer », affirme Dominique Lecea. Les prévisions de fréquentation annoncent une hausse de 15 % cette année, selon lui.
Les destinations touristiques s'adaptent à cette évolution. Isabelle Frochot observe des campagnes de promotion centrées sur l'automne : « La Côte d'Azur, par exemple, arrive à relativement bien se commercialiser en septembre. Ils ont réussi à développer tout un marché, notamment sur les seniors, sur la période post-été, plus fraîche, plus calme. »
« Ce qu'on appelait avant les ailes de saison ont vocation à devenir de plus en plus centrales », poursuit Dominique Lecea. Cette tendance profite aux professionnels du secteur : « Cela permet l'étalement de la saison, et cela peut aussi agir comme amortisseur par rapport à un moment de crise. » En Gironde, l'été indien pourrait ainsi compenser une saison perturbée par les incendies, si les septembristes répondent présents.



