La saison de plongée sous-marine en Occitanie a été marquée par des contrastes saisissants. Tandis que le club Ecosystem à Palavas-les-Flots (Hérault) a connu sa « plus belle saison météorologique » en 23 ans de carrière, d'autres structures, comme Nico plongée à Vendres et Valras-Plage, ont vécu « la pire des saisons ». La météo, les fortes températures et la baisse du pouvoir d'achat ont profondément influencé la fréquentation des clubs de plongée du littoral.
Des conditions météo idéales à Palavas-les-Flots
Le 26 août, en fin d'après-midi, après trois rotations du bateau en mer, Guillem de Parseval, patron d'Ecosystem, se montre satisfait. Les fortes chaleurs n'ont pas été un frein, bien au contraire. « En 23 ans de carrière, c'est la plus belle saison météorologique, les canicules c'était parfait, en fait, on avait de l'eau en moyenne à 25, parfois à 28°, on a fait tous les baptêmes en shorty… Et contrairement à ce que certains ont dit, on a eu du poisson », lance-t-il.
Ces conditions ont attiré les amateurs. Katia, une Héraultaise, témoigne : « Quand on a vu le beau temps et la bonne température de l'eau, on s'est dit que c'était le moment pour faire le baptême de notre fils ». Lucas et Nathan, jumeaux de 12 ans, ont obtenu leur diplôme de première plongée, ravis de leur expérience.
Une saison catastrophique dans l'Ouest héraultais
À l'opposé, dans l'Ouest héraultais, le constat est bien différent. Jeudi 27 août, Nicolas Chapelle de « Nico plongée », basé sur Vendres et Valras-Plage, est resté à quai en raison de la houle et du vent du Sud. « C'est une saison catastrophique, on n'a eu que du vent marin de sud, pas de tramontane du nord, ça fait des vagues, de l'eau à 27°, moins de poissons que d'habitude… Bilan, on a été fermés 18 jours sur 62, en 22 ans c'est la pire des saisons », déplore-t-il.
Cette situation illustre la tropicalisation du climat en Méditerranée. Nicolas Chapelle constate également une fréquentation moindre du littoral : « les gens ont moins d'argent ». Un constat partagé par Emeline, monitrice de plongée chez Réderis à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), où se situe la réserve naturelle de Banyuls-Cerbère. « En juillet on a eu beaucoup moins de monde que l'année dernière, c'est le pouvoir d'achat », déplore-t-elle.
L'impact du réchauffement sur la faune et la flore
La température de l'eau a des conséquences sur la biodiversité. Dans les Pyrénées-Orientales, avec 27° en surface, la faune et la flore « souffrent plus », estime Emeline, tandis qu'une algue prolifère dans le fond dès qu'il fait trop chaud. La visibilité est également moins bonne en cas de houle.
Les avis divergent sur l'arrivée d'espèces exotiques. Nicolas Chapelle tranche : « Avec ce réchauffement, on voit même des poissons exotiques, ce n'est pas une bonne nouvelle ». À l'inverse, Guillem de Parseval y voit des aspects positifs : « les mérous commencent à s'installer, s'ils viennent là c'est qu'ils s'y sentent bien. Comme les magnifiques balistes, nous en avons quatre qui viennent l'été nous voir et repartent comme les touristes ». Sa compagne Nathalie assure que cette espèce, connue pour défendre son territoire, « vient tout proche mais elle ne mord pas ».
Une activité toujours attractive malgré la conjoncture
Malgré ces disparités, la plongée reste une activité phare de l'été. Ecosystem a enregistré « un bon mois de juillet » et un mois d'août légèrement en deçà des habitudes, avec entre dix et quinze baptêmes par jour. Les jumeaux Lucas et Nathan, venus s'initier avec leur père Christophe, en vacances au Grau-du-Roi et originaires d'Orléans, racontent : « On a vu une murène, un poulpe, des daurades, des oursins et des bancs de gros poissons ». Leur père, responsable de service sécurité incendie, a payé 90 euros par enfant pour ce baptême : « ça reste abordable et c'est le même prix que 30 minutes de jet-ski ».
Avec une centaine de clubs, associatifs ou commerciaux, le littoral d'Occitanie continue d'attirer les plongeurs. Jean-Philippe Nou, qui tient pour la deuxième année le club Argelès plongée dans les Pyrénées-Orientales, relativise : « je ne me plains pas, cet été c'est un peu mieux que l'an dernier. Même s'il y a une petite barrière financière, ce côté découverte d'un milieu nouveau, évoluer dans un espace différent, respirer sous l'eau, ça plaît beaucoup ».



