Vendredi, à Birmingham, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, et Nigel Farage, dirigeant de Reform UK, ont signé un protocole d'accord sur l'immigration entre la France et le Royaume-Uni. Le texte prévoit que les Britanniques puissent « renvoyer en France » les personnes présentes sur des bateaux interceptés dans leurs eaux territoriales.
Devant les militants de Reform UK, Jordan Bardella a prononcé un discours d'une vingtaine de minutes en anglais. Reprenant le slogan du Brexit « take back control », il a estimé que la France et le Royaume-Uni devaient « ensemble reprendre le contrôle de leurs frontières ». Il a également attaqué Emmanuel Macron, accusé d'avoir « échoué à protéger la France » contre l'immigration.
Un accord pour dissuader les traversées
Jordan Bardella, appelé à Matignon en cas de victoire de Marine Le Pen à la présidentielle, a assuré qu'un gouvernement RN « fera tout ce qui est en son pouvoir pour que la France ne soit plus la porte d'entrée de l'immigration clandestine vers le Royaume-Uni ». Nigel Farage a de son côté affirmé que l'accord empêcherait les migrants arrivés en France dans le but de rejoindre le Royaume-Uni d'y parvenir.
La signature a rapidement provoqué des réactions en France. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé sur X la perspective de voir la France devenir « le garde-barrière des Anglais », ajoutant que « ne pas voter Le Pen en 2027 devient une question de dignité nationale ». Édouard Philippe a pour sa part évoqué un « revirement » du RN et s'est interrogé sur la position de Marine Le Pen.
Les critiques françaises
Gabriel Attal a également critiqué l'initiative, parlant d'une « faiblesse indigne » de Jordan Bardella. L'accord signé avec Nigel Farage intervient alors que Reform UK traverse une polémique après la diffusion d'un reportage montrant l'un de ses proches collaborateurs proposer de contourner la loi afin d'obtenir un financement étranger.
Interrogé sur cette affaire lors d'une conférence de presse commune, Jordan Bardella a maintenu son soutien à Nigel Farage. « Cela ressemble quand même à un écran de fumée, comme il en existe d'ailleurs dans toutes les démocraties à l'égard des partis patriotes », a-t-il déclaré, précisant attendre « les versions des uns et des autres » et assurant que cette affaire ne remettrait pas en cause « la coopération que nous sommes en train de construire ».



