Palourde de Thau : CLAM-EU, un programme art et science contre le déclin
Palourde de Thau : CLAM-EU, art et science contre le déclin

Le programme CLAM-EU, lancé à Sète, associe art et science pour sensibiliser le public et explorer des solutions innovantes face au déclin de la palourde dans l'étang de Thau. Ce programme est l'un des six lauréats retenus parmi 650 dossiers présentés dans le cadre de l'appel à projets européen PartArt4OW (Participatory Art For Society Engagement with Ocean and Water), lancé par Horizon Europe-Mission Ocean de l'UE, avec un financement de 50 000 euros.

Un déclin alarmant de la palourde

La palourde Ruditapes decussatus a quasiment disparu du sud-ouest de l'Europe et de la Méditerranée, notamment de l'étang de Thau où elle faisait travailler environ 400 pêcheurs vers les années 2000. Le coquillage, prisé des gastronomes, décline depuis une quinzaine d'années, comme le démontrent les observations menées par les chercheurs de l'Ifremer. Franck Lagarde, chercheur à l'Ifremer basé à Sète, et Valérie Derolez ont publié une étude qui met en évidence cet effondrement généralisé et la nécessité de créer des réseaux de scientifiques entre l'Europe et l'Asie pour croiser les hypothèses liées à différents phénomènes : propagation d'espèces exotiques, épisodes de maladies, vagues de chaleur marines, modifications de la réglementation des pêcheries, etc.

CLAM-EU : un programme participatif

Le programme CLAM-EU vise à « créer une dynamique autour de la palourde européenne et d'innover en science pour trouver des solutions », selon Franck Lagarde. Il associe les chercheurs Franck Lagarde (Ifremer Sète) et Bastien Mérigot (maître de conférences à l'Université de Montpellier) avec les artistes Françoise Dagorn (peintre) et Stéphanie Elbaz (pianiste), ainsi qu'avec les acteurs du bassin de Thau : pêcheurs, étudiants, lycée de la Mer, syndicat du bassin de Thau et prud'homie de l'étang de Thau.

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L'approche participative se concrétise par six ateliers de création ouverts à tous, du lundi 14 septembre au jeudi 26 septembre (14 h à 16 h, gratuits au pôle universitaire Michèle-Weil de Sète). Les participants sont invités à explorer la musique avec des instruments faits de coquillages et de matières naturelles, ou à créer des toiles mêlant cartes marines déconstruites et coquilles de palourdes.

Actions scientifiques et culturelles

Côté scientifique, chercheurs, étudiants en BTS Pêche et Gestion de l'environnement marin et pêcheurs étudient le potentiel du Careshell, un substrat à base de coquilles d'huîtres pour restaurer l'habitat de la palourde. Ce substrat est testé sur trois zones du bassin de Thau : Ifremer, lycée de la Mer et au Chameau à Balaruc-les-Bains.

Le programme aboutira à une conférence scientifique, un concert et une exposition le 3 décembre prochain (jusqu'au 11 décembre), ainsi qu'à une restitution lors des PartArt4OM Demo Days à Barcelone. Les inscriptions aux ateliers se font via forms.gle/BDh8QHcQ7A9VmgmbA.

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