Tourisme 2026 : un été résilient malgré canicule et tensions
Tourisme 2026 : un été résilient malgré tout

Malgré les canicules, la baisse du pouvoir d'achat et les tensions géopolitiques, la saison touristique estivale 2026 en France affiche une nette résilience. Les départs ne reculent que de 5 % sur la période du 1er mai au 31 octobre, et les professionnels du secteur évoquent une « très belle année », selon le ministre du Tourisme Serge Papin. Le repli vers la montagne (+2,3 points d'occupation) et les réservations de dernière minute ont soutenu une activité qui aurait pu être bien plus affectée par le contexte international.

Une saison meilleure qu'attendue

Après les inquiétudes liées à la guerre au Moyen-Orient et ses répercussions sur les prix du carburant, l'été 2026 s'avère finalement meilleur que prévu. Le ministre du Tourisme Serge Papin a évoqué « une très belle année », après une saison estivale 2025 déjà solide. « On va faire au moins aussi bien, voire mieux », a-t-il affirmé, avant la publication des chiffres définitifs attendus à la mi-septembre.

Les professionnels, sans partager totalement cet optimisme, constatent une bonne résistance. « L'été a marqué une belle résilience, dans cette période où on pouvait craindre des problèmes de pétrole, de contexte politique, de cherté », souligne auprès de l'AFP Dominique Marcel, président de l'Alliance France Tourisme. Patric Caradec, président du Syndicat des entreprises du tour operating (Seto), estime que la saison « devrait s'achever autour de moins 5 % en termes de départs du 1er mai au 31 octobre par rapport à l'an dernier. Est-ce que c'est catastrophique ? Non, on aurait signé tout de suite si on nous avait dit ça au mois d'avril dernier ».

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La montagne, grande gagnante de l'été

Les destinations plus fraîches ont clairement attiré les vacanciers. Selon la Fédération nationale des résidences de tourisme (FNRT), les stations de montagne sont « les grandes gagnantes de l'été » avec un taux d'occupation global en hausse de 2,3 points sur un an. Le littoral de la Manche a également bénéficié de sa relative fraîcheur, avec une forte progression du taux d'occupation, selon l'Alliance France Tourisme.

En revanche, la situation est plus contrastée pour les restaurants et commerces. En Corse, « la canicule a impacté l'activité économique, particulièrement la restauration », souligne auprès de l'AFP Christelle Combette, présidente de l'office du tourisme du pays ajaccien. Bernard Marty, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie des Bouches-du-Rhône, confie n'avoir « eu personne le midi » sur la terrasse de son établissement marseillais, en raison de la chaleur accablante.

Les Français privilégient l'Hexagone

Selon la plateforme Airbnb, les voyageurs français ont très largement choisi de rester en France, avec 70 % de réservations dans l'Hexagone, contre 65 % en 2025. L'attentisme lié à la météo et à la situation internationale a favorisé les départs de dernière minute. « Comme on le dit sous forme de boutade, on a le droit de tout rater dans sa vie, sauf ses vacances », souligne un spécialiste du tourisme à l'AFP.

La clientèle étrangère s'est également démarquée, notamment américaine, essentiellement sur la Côte d'Azur et à Paris. Après deux saisons record en 2024 et 2025, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a connu cet été « une saison quasi similaire », selon François de Canson, président du comité régional de tourisme, grâce en particulier aux Allemands et aux Américains. Même constat en Corse, où Roxane Piriottu, présidente de l'office de tourisme de Bonifacio, souligne « une belle fréquentation malgré un pouvoir d'achat clairement en baisse ».

Le Grand Paris a enregistré une dynamique touristique « légèrement positive » en juillet, selon son Office du tourisme, avec un taux d'occupation hôtelier à 85,1 %, en hausse de 1,4 point sur un an.

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