Un poisson volant (Exocoetus volitans) a été observé le dimanche 30 août 2026 au port de l'Olivette, sur le cap d'Antibes. Cette apparition, immortalisée par le pêcheur local Damien Cresson, constitue une première en 26 ans pour ce dernier. Les images, partagées sur les réseaux sociaux, ont suscité l'enthousiasme des internautes, tandis que d'autres clichés ont été pris à Hyères, Saint-Tropez ou Cannes.
Une espèce de haute mer observée près des côtes
« C'est la première fois en 26 ans que je vois ça ici », s'étonne Damien Cresson, qui a immortalisé l'animal lors d'une sortie en mer. Le poisson, reconnaissable à ses écailles bleues métalliques et à ses très longues nageoires pectorales, évolue habituellement au large, près de la surface. « C'est une espèce de haute mer qui vit près de la surface ; nous avons donc peu d'opportunités de la croiser près des côtes », explique Benoit Derijard, chercheur CNRS au laboratoire EcoSeas de l'université Côte d'Azur. « Un Exocoetus volitans très probablement », analyse-t-il.
Le chercheur précise que « sa présence est régulièrement documentée » en Méditerranée. Lui-même a pu en apercevoir récemment au large de Monaco. Le poisson volant peut planer sur une vingtaine de mètres pour échapper à ses prédateurs, grâce à ses nageoires pectorales.
Un signe de mauvaise santé pour ce poisson grégaire
Que faisait ce poisson si près des côtes ? « Ce n'est pas une espèce territoriale, mais plutôt un poisson grégaire qui se déplace en bancs, parfois à des vitesses atteignant 50 à 70 km/h, poursuit Benoit Derijard. Lorsqu'on les trouve isolés dans des eaux peu profondes et montrant peu d'activité, c'est généralement le signe qu'ils sont en mauvaise santé. »
Adrien Gannier, scientifique affilié au Groupe de recherche sur les cétacés, abonde : « On en voit pas mal près de nos rivages ces temps-ci, sûrement en corrélation avec la température de surface élevée de nos eaux estivales. »
Une espèce indigène inoffensive
Contrairement à des espèces exotiques envahissantes comme la rascasse volante, qui conquiert peu à peu la Grande Bleue, observer des poissons volants dans ce secteur « n'a rien de surprenant ». « L'exocet est une espèce indigène, présente depuis longtemps, qui remonte simplement des zones tropicales », complète le chercheur. Et contrairement à la venimeuse rascasse ou au baliste mordeur, ce joli poisson ailé « est absolument inoffensif pour l'homme ».



