Florian Tardieu, guide de luxe du MHSC à Geoffroy-Guichard
Tardieu, guide de luxe du MHSC à Geoffroy-Guichard

Samedi 5 septembre, Florian Tardieu, le nouveau milieu de terrain de Montpellier, foulera la pelouse de Geoffroy-Guichard pour affronter son ancien club, Saint-Étienne. À 34 ans, il connaît par cœur ce stade et cette ville, où il a passé trois saisons (2023-2026), vivant une montée, une descente, et toutes les émotions que cela implique. Il se dit prêt à servir de guide à ses jeunes et nouveaux partenaires montpelliérains, forts de son expérience.

Un parcours semé d'embûches

Né à Istres, dans la banlieue du Vélodrome, Florian Tardieu a baigné dans le football dès son plus jeune âge. "Mon père et mon frère y étaient abonnés. Je mangeais foot, je dormais foot. C'était foot tout le temps", se souvient-il. Son baptême au Vélodrome a lieu le 22 août 1998, le soir du fameux OM – Montpellier (5-4).

Mais sa passion est marquée par un drame. À l'âge de 10 ans, lors d'un séjour au ski, il perd son père, victime d'une chute. "Il m'a dit : attends-nous là. On fait une dernière piste avec ton frère et on revient. Il n'est jamais revenu. La vie, c'est comme ça. Ça a fait ma force mentale", confie-t-il. Il continue à jouer au foot dans la rue, pour son père, et sa mère devient son pilier. "Ma mère a été une championne. Elle nous a toujours tout donnés. Je ne me voyais pas faire des conneries et la rendre encore plus mal. J'ai travaillé à 16 ans", raconte-t-il.

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De peintre en bâtiment à joueur professionnel

Florian Tardieu devient peintre en bâtiment, tirant presque un trait sur le rêve du foot. Jusqu'au jour où les entraîneurs de l'équipe pro d'Istres, José Pasqualetti et Nicolas Usai, font appel à lui. "Jusqu'à mon premier contrat pro, je m'entraînais le matin, puis partais sur les chantiers. J'arrivais à l'entraînement avec des taches de peinture sur les mains", se rappelle-t-il. Il se sent devenir "pro" à Sochaux, puis se "régale" à Troyes sous la direction de Laurent Battles, qui l'emmène à Saint-Étienne.

À Saint-Étienne, il devient un leader, souvent avec le brassard. "Ce club, c'est la folie. Quand tu gagnes le derby, quand tu vis la montée, tu as les frissons. Quand ça va mal, tu fermes les volets chez toi et tu bosses", sourit-il. Il décrit une ville poreuse avec son équipe : "Dans ce stade, on entend tous les propos à travers le grillage."

Retour dans le Sud, à Montpellier

En signant un contrat de deux ans à Montpellier, il revient dans le Sud, près de sa mère. Il a été convaincu par l'intérêt de l'entraîneur Zoumana Camara, qui l'a appelé dès mars, et par le coup de fil du président. "Tu ne fais pas chier, tu viens. Cela va bien se passer. J'aime bien quand ça se passe comme ça. J'ai ressenti l'atmosphère du Sud", raconte-t-il.

À Montpellier, il apprécie "les vertus du groupe, la capacité à souffrir ensemble comme à Dunkerque, et son ambition". Il évoque une large réunion avant la reprise : "On s'est tout dit entre nous, on s'est fixé un objectif. Mais ça ne sortira pas d'entre nous."

Un objectif : ne pas répéter les erreurs passées

Fort de ses expériences, notamment une accession avortée avec les Verts, il tire des leçons : "L'an passé, on devait écraser tout le monde. En Ligue 2, personne n'écrase personne. On a manqué d'humilité, je ne veux pas retrouver ça ici." Il sent qu'il y a "quelque chose à faire" avec ce groupe montpelliérain.

À 34 ans, il ne se fixe pas de limites, même s'il sent le temps qui passe. "J'ai fait plus de onze bornes à Dunkerque et devant Boulogne. Le papi, il est là", plaisante-t-il. Son rôle de guide sera crucial pour les jeunes du MHSC, qui devront affronter l'ambiance bouillante de Geoffroy-Guichard, un stade où il a tout vécu et qu'il connaît par cœur.

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