La nouvelle formule de la Daïkin Starligue, avec play-offs et finale sur terrain neutre, entre en vigueur dès cette saison 2026-2027. C'est une première dans l'histoire de la Première division masculine, qui rebat les cartes et suscite des réactions contrastées : le Paris Saint-Germain, tenant du titre, y voit une menace, tandis que des clubs comme Montpellier et Nîmes y trouvent une source de motivation.
Une formule inédite pour le championnat
Fini le titre attribué au terme de la saison régulière de 30 journées. Désormais, à l'issue de cette phase, les quatre premiers se retrouveront en demi-finales, avec des matches aller-retour opposant le 1er au 4e et le 2e au 3e. La finale, organisée sur terrain neutre, désignera le champion. En cas d'égalité, pas de prolongation mais une séance de jets de 7 mètres.
Parallèlement, les équipes classées de la 5e à la 8e place disputeront des play-offs (demi-finales et finale en matches aller-retour) pouvant attribuer une ou deux places en Ligue européenne. Cette refonte vise à maintenir le suspense durant dix mois pour attirer sponsors, diffuseurs et spectateurs, selon la Ligue nationale de handball (LNH), qui cite l'exemple des play-offs de ProLigue joués jusqu'à la dernière seconde.
Le PSG hostile, Montpellier enthousiaste
Au Paris Saint-Germain, la transformation passe mal. Thierry Omeyer, le manageur, et Nikola Karabatic, l'ambassadeur du club, y voient une tentative déguisée pour briser l'hégémonie d'une équipe intouchable depuis plus de 12 ans. En revanche, au Montpellier Handball, l'idée séduit. Le capitaine Valentin Porte se félicite : "Je trouve que le changement est une bonne chose. Je suis le rugby, je vois l'engouement qu'il peut y avoir lors des phases finales. C'est toujours très attendu. Il y a de très beaux documentaires qui sont réalisés par rapport à ça. Je pense que ça peut vraiment être un plus pour le championnat."
Valentin Porte souligne aussi l'avantage potentiel pour son équipe : "Si on prend le passé récent, on a pu démontrer qu'on était une équipe de coupe, de matches secs… ça peut jouer en notre faveur." Le MHB a toutefois échoué samedi dernier à Aix-en-Provence lors du Trophée des champions (21-20) face au PSG.
Nîmes et les détails à régler
De l'autre côté, l'Usam Nîmes, sortie du top 5 français (11e, 6e et 7e ces trois dernières saisons), voit dans les play-offs (5-8) un objectif. Le président David Tebib déclare : "On va arrêter de parler. Vous pouvez demander aux joueurs, c'est la première fois que je ne leur fixe pas d'objectif. Mais, a minima, on se doit d'être dans le top 8, pour s'ouvrir le champ des possibles… Avec cette formule de play-offs, la Starligue passe du Paris-Dakar à la Formule 1 !"
Le nouveau capitaine nîmois, Jean-Loup Faustin, estime que "ça ajoute du piment à la fin de saison. Parfois, certaines équipes n'avaient plus rien à jouer dans les dernières journées. Là, ce sera moins le cas." Cependant, des détails restent à régler, notamment le choix de l'Accor Arena de Paris pour une finale en terrain "neutre", qui braque certains dirigeants, comme Julien Deljarry, président du MHB, qui regrette l'absence de réponse de la Ligue sur les retombées financières : "Difficile de se projeter dans ces conditions et de monter un vrai budget."
La saison démarre ce vendredi 4 septembre. Guillaume Saurina, nouvel entraîneur de l'Usam, résume l'esprit de la réforme : "Avec l'introduction des play-offs, chaque ballon comptera."



