L'été s'achève à Saint-Tropez, mais la colère des chauffeurs VTC varois et de la municipalité ne retombe pas. Face à l'afflux massif de 12 000 à 15 000 chauffeurs venus de toute la France, les professionnels locaux, environ 1 800, ont vu leur part de marché fondre. L'Union VTC 06-83, soutenue par les municipalités de Saint-Tropez et de Ramatuelle, a porté le dossier à la préfecture le 10 août, sans obtenir de réponses concrètes du gouvernement.
Une réunion au ministère sans avancée
Le rendez-vous entre l'association et le ministère des Transports, fixé fin août, s'est soldé par une déception. Aucune annonce, aucune avancée, et un renvoi de la responsabilité vers la préfecture. Teddy Butet, représentant varois de l'Union VTC 06-83, dénonce une « posture malhonnête » : « La préfecture est justement sous l'égide de l'État et ne fait qu'appliquer les lois alors que le gouvernement peut en proposer. »
Le syndicaliste croit en l'efficacité d'un macaron saisonnier limité, évoqué lors de la réunion de crise du 10 août, mais doute de sa mise en œuvre : « Si la préfecture agit sans cadre instauré par le gouvernement, l'arrêté finira par être retoqué. On a le sentiment que le ministère n'en a plus rien à faire et qu'ils attendent les prochaines élections. »
Des entreprises locales au bord du gouffre
L'impact économique est déjà palpable. Teddy Butet alerte : « Des centaines d'entreprises vont fermer. À la fin de la saison, pour assumer nos charges, on doit avoir 15 000 à 20 000 euros de trésorerie. Aujourd'hui, on atteint difficilement 1 000 euros. Les chauffeurs inscrits sur les plateformes basées à l'étranger n'ont pas ce poids. »
À l'approche de l'hiver, les navettes saisonnières partent vers les stations de ski, mais les professionnels varois restent, contraints à une activité réduite : « Le chiffre d'affaires est divisé par 8 à cette période. Rien ne nous empêche légalement de partir à l'assaut de la montagne. Mais on a notre famille, notre vie ici. On ne va pas tout quitter juste pour faire du chiffre. »
La Ville de Saint-Tropez propose des pistes concrètes
La municipalité de Saint-Tropez partage cette urgence : « Il faut agir dès maintenant. Les constats de cet été sont précis, les difficultés sont documentées et les interlocuteurs sont mobilisés. C'est maintenant que nous devons préparer la saison 2027, sans attendre que l'urgence de cet été s'éloigne et risquer de nous retrouver, l'année prochaine, confrontés aux mêmes difficultés. »
Parmi les propositions de la Ville : une sectorisation géographique des professionnels, un renforcement des contrôles avec la création d'une « brigade motorisée de la Gendarmerie nationale spécifiquement mobilisée sur le contrôle des VTC », et de nouveau la création d'un macaron. La municipalité reconnaît ses limites : « Face à un phénomène d'une telle ampleur, une commune ne peut pas agir seule. Nous atteignons aujourd'hui les limites de nos compétences et de nos moyens. »
L'Union VTC 06-83, de son côté, envisage des « actions coup de poing » pour pousser l'État à réagir. Le sort de la régulation repose désormais entre les mains du gouvernement, qui doit décider d'un cadre légal pour éviter une nouvelle saison chaotique en 2027.



