Rentrée solennelle à Sciences Po Menton : 194 étudiants pour la paix
Sciences Po Menton : 194 étudiants pour la paix

194 étudiants de première année ont fait leur rentrée solennelle à Sciences Po Menton le vendredi 4 septembre 2026, marquant un record d'effectifs pour le campus de la paix. 73 nationalités sont représentées cette année, contre 65 l'an dernier, un gage de diversité et la promesse d'un dialogue. La maire de Menton, Alexandra Masson, et le vice-président de la Région, François de Canson, ont rappelé leur engagement à lutter contre toute forme de haine, notamment l'antisémitisme et le racisme.

Une rentrée sous le signe de la paix et de l'ouverture

La 22e promotion, baptisée du nom d'Albert Camus, a été accueillie lors d'une cérémonie orchestrée par une étudiante, Mayssa Manaa. Les 194 nouveaux étudiants – 122 anglophones et 72 francophones – rejoignent les 166 étudiants de deuxième année et les 35 élèves en échange universitaire, portant l'effectif total du campus à 395 étudiants, dirigé par Youssef Halaoua.

Jeanne Lazarus, doyenne du collège universitaire, a souligné la place spéciale du campus de Menton : « D'abord parce qu'il a la plus belle vue. Mais aussi parce que ses étudiants ont quelque chose d'exceptionnel. La diversité. » Elle a insisté sur la réussite du campus à faire travailler ensemble des personnes venant de pays en conflit : « Nous réussissons quelque chose sur ce campus que beaucoup à travers le monde jugent impossible : faire apprendre et travailler ensemble des personnes venues de pays dont les diplomates désespèrent parfois qu'ils puissent vivre pacifiquement les uns avec les autres. »

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Un engagement clair contre l'antisémitisme et le racisme

La maire de Menton, Alexandra Masson, a été explicite : « La liberté d'expression doit être entière, mais pour autant, l'antisémitisme n'est pas une opinion, le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit. Aucun étudiant de ce campus ne doit avoir peur de dire son nom, son origine, sa religion ou ses convictions. » Elle a annoncé travailler avec la direction, les enseignants et les représentants d'élèves sur une charte contre l'antisémitisme et toutes les formes de haine.

Lionel Beffre, ministre de l'Intérieur de la Principauté de Monaco, a résumé la mission du campus Saint-Julien : « Donner la parole là où commence le désaccord, préserver les conditions du pluralisme, fonder la réflexion et l'action sur l'ouverture remarquable au monde. »

Une « rose de la paix » pour symboliser l'engagement

Le chef triplement étoilé Mauro Colagreco, invité à la cérémonie, a offert une « rose de la Paix » au directeur du campus, Youssef Halaoua. Cette œuvre de l'artiste argentin Juan Carlos Pallarols est fabriquée à partir de cartouches de balles de différents conflits à travers le monde. Le chef a expliqué : « Le message est très simple : la paix se cultive. Et c'est le symbole de ce que vous pouvez construire ensemble. Un monde plus ouvert. »

François de Canson, vice-président de la Région, a rappelé aux étudiants leur responsabilité : « Votre responsabilité intellectuelle sera de refuser que la haine nous dispense de penser. » Il a souligné que les principes non négociables incluent la dignité humaine, la liberté, le refus du racisme, de l'antisémitisme et du terrorisme. Les autorités ont évité de citer directement les tensions nées après le 7 octobre 2023, mais ont insisté sur la nécessité de créer un « espace sécurisé » sur le campus, où le débat est possible sans transformer l'adversaire en ennemi.

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