Chasse 2026 : les chasseurs azuréens sur le qui-vive face aux tensions
Chasse 2026 : les chasseurs azuréens sur le qui-vive

Jean-Pierre Caujolle, président de la Fédération départementale de la chasse des Alpes-Maritimes depuis 2016, se dit sur le qui-vive à l'approche de l'ouverture générale de la saison, ce dimanche 13 septembre 2026. Dans un contexte électrisé par les polémiques entre pro et anti-chasse, il déplore un climat délétère et annonce une plainte collective contre la députée écologiste Sandrine Rousseau.

Une ouverture sous tension

Pour les chasseurs, ce jour est toujours un moment particulier, explique Jean-Pierre Caujolle. « C'est le jour où il y a encore beaucoup de petit gibier, de lièvres, de faisans, de perdreaux… C'est le début de la saison où l'on va pouvoir chasser toutes les espèces, et on attend ça avec impatience. »

La chasse aux sangliers est déjà ouverte depuis trois semaines sur la zone littorale, et celle au chevreuil mâle depuis le 1er juin. L'objectif est de réduire les dégâts aux agriculteurs, particulièrement en période de sécheresse. « Les sangliers viennent retourner la terre dès qu'on arrose un peu. À cause du réchauffement climatique, les milieux ont tendance à se fermer, et les sangliers à proliférer », ajoute-t-il.

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Des prélèvements record et une gestion adaptée

La fédération reste vigilante sur les prélèvements. L'an dernier, ils ont atteint leur deuxième plus haut niveau dans l'histoire des Alpes-Maritimes, avec 10 000 sangliers tirés sur une population estimée à près de 20 000 individus.

Concernant les canicules successives de l'été, le président se dit chanceux : « Il y a eu un impact très limité par rapport aux autres départements français, notamment sur la zone montagne. Il y avait beaucoup d'herbe en montagne jusqu'en juin, et il y a de nouveau eu des orages assez réguliers depuis la mi-août. »

La fédération a néanmoins adapté sa gestion des milieux naturels : elle rouvre des points d'eau pour la faune sauvage en créant de petites mares dans les vallons, aménage des sentiers, répare des ponts et rouvre des milieux avec des programmes Natura 2000 pour favoriser la création de prairies.

Un effectif stable, mais un profil qui change

Les Alpes-Maritimes comptent environ 7 000 chasseurs, avec des jeunes qui arrivent et de plus en plus de jeunes femmes. Le profil des nouveaux venus a changé : « Avec le retour à la nature, ce sont souvent des citadins qui ne sont pas reliés avec le milieu rural. La difficulté, c'est de leur trouver des sociétés de chasse qui les acceptent, surtout en montagne. Mais ce sont des gens très motivés, avec une éthique, des notions de sécurité… C'est donc très satisfaisant. »

En matière de sécurité, quatre décès ont été enregistrés en France la saison dernière contre onze la précédente, et aucun non-chasseur n'a été tué depuis quatre ans. Jean-Pierre Caujolle attribue ces progrès aux efforts de formation : « Avec la formation décennale, on est en train de reformer tous les chasseurs qui ont passé le permis depuis plus de dix ans. J'espère bien que tous ces efforts commencent à porter leurs fruits ! »

Une plainte collective contre Sandrine Rousseau

Interrogé sur la pétition appelant à la démission de Sandrine Rousseau, qui a appelé à se dresser « face aux chasseurs, physiquement », le président confirme : « Nous l'avons signée, mais surtout, nous allons porter une plainte collective avec la Fédération nationale. »

Il précise : « Nous avons alerté tous les chasseurs, pour qu'ils fassent systématiquement remonter s'il devait y avoir des incidents d'entrave à la chasse, et qu'ils portent plainte à la gendarmerie. L'entrave à la chasse est un délit, puni de 1 500 euros. »

Il craint que des activistes ne s'en prennent à des chasseurs isolés : « Malheureusement, chez les écologistes, il y a des gens d'ultra-gauche qui sabotent les miradors. Ce qui m'inquiète, c'est qu'un jour, de petits malins très courageux viennent s'attaquer à un petit vieux à la chasse avec son fusil. S'il se sent en danger et qu'il utilise son arme, est-ce que ce seront les chasseurs qui feront les gros titres des journaux, ou Sandrine Rousseau et son irresponsabilité ? »

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Quant à la dimension politique, il rappelle que « la ruralité a toujours été pro-chasse » et que « les communistes nous soutiennent aussi », tout en critiquant LFI. Enfin, il évoque l'évolution de la chasse en dix ans : « C'est beaucoup plus réglementé qu'il y a dix ans. Le grand gibier continue à bien se porter, bien qu'on ait à gérer le loup qui va poser de plus en plus de problèmes. Comme il y a eu des attaques sur les humains cet été en Italie, ça ne va pas tarder dans les Alpes-Maritimes… »