Pierre Calmel, président de la cave coopérative des Vignerons de Sérignan, affirme que « c’est la qualité qui nous sauvera » face à la crise de déconsommation du vin. Alors que les vendanges s’achèvent ce mercredi 16 septembre, il se montre optimiste pour l’avenir du secteur, malgré un contexte difficile.
Un président passionné, levé dès 2 heures du matin
Ce vendredi 11 septembre, à 10 h 30, Pierre Calmel est debout depuis 2 h du matin. Le président de la cave coopérative des Vignerons de Sérignan vient de vendanger. « Je suis allé aider des collègues », dit-il tout sourire et en pleine forme. À peine sorti des vignes, il a pris une douche, s’est changé et a rejoint le caveau de vente de la cave. « Je dormirai deux heures cet après-midi. Je ne suis pas quelqu’un qui a besoin de beaucoup de sommeil, 4-5 heures cela me suffit. »
Chez le Vendrois, la viticulture est une affaire de famille : « Je suis la 6e génération de viticulteurs, du côté de mon père et de ma mère, sur Vendres et Sérignan », dit-il fièrement en songeant à Elysé, ce grand-père qui lui a « donné la passion de la vigne et avec qui j’échange régulièrement sur les pratiques agricoles. Tout petit, je suivais déjà mon père à la vigne. À 14 ans, j’y travaillais. J’ai toujours voulu être vigneron. C’est une passion. Je suis heureux d’aller à la vigne. »
Un parcours atypique et un engagement précoce
Après six ans d’études (licence d’espagnol, Master de langue romane…), Pierre Calmel devient surveillant au collège de Vendres où il enseigne l’espagnol une année. Il franchit le pas en 2013, achetant ses premières vignes sur Sérignan mais aussi l’exploitation, à Vendres, de son cousin parti à la retraite. Il entre à la cave sérignanaise. Un an plus tard, il en intègre le comité d’administration et est élu président à 35 ans, en 2020, sur les pas de son père Gilbert qui en avait été vice-président.
« J’ai voulu m’investir car si je trouve que nous produisons des vins très bons, nous ne les mettons pas assez en avant, explique celui qui est aussi président de l’IGP Coteau de Béziers et de la fédération des IGP de l’Hérault. Nous sommes en pleine crise. Il y a une déconsommation du vin. Les gens le boivent différemment, ils recherchent la qualité, quitte à y mettre plus d’argent. À nous de nous adapter en produisant des vins faciles à boire, fruités, gourmands. C’est ce que nous faisons et je pense que l’on peut rester optimiste pour l’avenir. C’est la qualité qui nous sauvera. »
Une collaboration étroite et des vendanges prometteuses
À la cave de Sérignan, Pierre Calmel travaille main dans la main avec Olivier Cabanis, le directeur œnologue de la structure. Une entente indispensable pour mener une structure qui compte 170 vignerons et rayonne sur un terroir de 1 100 hectares : « Avec Olivier, nous nous voyons chaque jour, sinon, nous nous téléphonons, explique le vigneron. Nous sommes sur la même longueur d’onde et nous avons la chance d’avoir un conseil d’administration avec des gens dynamiques qui sont force de proposition. »
Les vendanges s’achèveront ce mercredi 16 septembre à la cave sérignanaise. Après trois années de baisse, la récolte s’annonce très bonne en quantité. Qualitativement, ce sera aussi positif. De quoi ravir Pierre Calmel : « J’espère que cela va faire du bien à tout le monde, dit-il. Je pense surtout aux jeunes qui ont des prêts bancaires et qui souffrent. »
Ses coups de cœur et son rêve
Interrogé sur ses préférences, Pierre Calmel partage plusieurs coups de cœur. Un restaurant : « Il s’agit des Jours heureux, à Valras-Plage, le restaurant de Sébastien Figueras. On y retrouve le vin de la cave coopérative, c’est bon et c’est convivial ! » Un vin : « C’est L’épicurien blanc de la cave. Il est élaboré avec du chardonnay et est élevé en barrique. C’est un vin très équilibré que je trouve élégant. Il est agréable à boire et gourmand. » Un lieu : « J’apprécie de me balader au bord de l’étang de Vendres avec mon épouse Charlène et nos deux enfants, Juliette, 13 ans et Jean, 10 ans. Nous allons aussi souvent aux Orpellières à Sérignan. J’aime son côté sauvage, la nature. » Un sport : « Le rugby est une passion. J’y ai joué de 5 ans à 20 ans, à Vendres. Je regarde beaucoup de matches à la télé, que ce soit ceux de l’équipe de France, la Pro D2 ou le Top 14. J’ai aussi fait de la boxe pieds-poings pendant douze ans au Gazelec, à Béziers. » Un plat : « Je choisis un magret de canard grillé, accompagné de pommes de terre grenailles en persillade. Je l’accompagne avec un vin rouge, le Trésor de la cave, 100 % syrah. » Un rêve : « J’en ai déjà accompli un en devenant vigneron et en devenant mon propre patron. J’aime les voyages et je rêverai aussi d’aller à Tahiti. »



