Résistance dans le Cœur d’Hérault : Jean-Claude Richard lève le voile
Résistance dans le Cœur d’Hérault : un historien lève le voile

Jean-Claude Richard, archéologue et historien installé à Saint-Guilhem-le-Désert, lève le voile sur les derniers secrets de la Résistance dans le Cœur d’Hérault. Il donnera une conférence ce vendredi 11 septembre à Saint-Jean-de-Fos, organisée par l’association Lo Picart.

Un historien passionné par le passé du Cœur d’Hérault

Depuis les années 1970, Jean-Claude Richard réside non loin de l’abbaye millénaire de Gellone, dans le bourg médiéval de Saint-Guilhem-le-Désert. « Je suis né à Montpellier, mais j’avais ici de lointaines attaches familiales, confie le Sauta Roc. J’apprécie tout particulièrement le village, qui a aussi la particularité d’être situé au milieu du sud de la France, ce qui était bien pratique pour mes activités professionnelles. »

Avant de devenir un historien de la guerre de 39-45 dans le Languedoc, Jean-Claude Richard est avant tout un archéologue reconnu, spécialisé dans la période antique et la numismatique (l’étude des pièces de monnaie anciennes). Rattaché à l’université d’Aix-Marseille, le directeur de recherche au CNRS a supervisé de nombreux chantiers de fouilles, de la Graufesenque à Millau à la cité gallo-romaine de Murviel-lès-Montpellier.

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Des résistants dans tous les villages

« En réalisant mes recherches, j’ai observé qu’à côté des résistants combattants qui tenaient le haut du pavé, existait tout un réseau d’agents dormants, qui n’ont pas forcément porté les armes mais apportaient une aide substantielle aux maquis, raconte Jean-Claude Richard. Je me suis rendu auprès des survivants, et j’ai réalisé qu’il y en avait dans tous les villages, mais leur action était peu mise en valeur. Il y a eu un grand silence après-guerre, et on constate d’ailleurs que ce sont souvent les petits-enfants de résistants, plus que leurs parents, qui s’intéressent à cette histoire. »

Cette découverte, il l’a faite lors de ses pérégrinations archéologiques, constatant que l’histoire de la dernière guerre était souvent peu étudiée dans les villages, où régnait une forme d’omerta. Parallèlement, l’archéologue s’est chargé de l’édition des deux thèses sur la Résistance de son ami Gérard Bouladou, disparu prématurément, aiguisant encore un peu plus son intérêt pour la période.

L’histoire locale, une porte d’entrée pour le grand public

Jean-Claude Richard n’est pas qu’un chercheur passionné, certain qu’un des principaux péchés de l’historien « est de rester enfermé dans sa tour d’ivoire ». Auteur de nombreux articles dans les revues Études Héraultaises et Arts et Traditions rurales, il donne régulièrement des conférences dans le Cœur d’Hérault. Le chercheur regrette que les programmes scolaires ne fassent pas la part belle à l’histoire locale, et que les professeurs d’université et leurs étudiants n’investissent pas davantage ce domaine.

« J’ai connu une époque où quand vous arriviez à la faculté en disant “je suis originaire de Gignac”, l’enseignant vous rétorquait : “vous ferez votre mémoire sur la démographie dans le canton de Gignac !”, se souvient avec malice Jean-Claude Richard. Ce n’est malheureusement plus le cas aujourd’hui, et le fossé se creuse entre les historiens et la population. »

En attendant, jamais rassasié de découvrir de nouveaux secrets, ce passionné s’intéresse en ce moment à la commune d’Aniane, et plus particulièrement au château de Capion. Avant la guerre, le domaine appartenait à une famille de négociants en vin d’origine juive. La propriété a été confisquée par les Allemands, et l’un de ses occupants s’est alors réfugié chez un dénommé Vesperini. « Sa petite-fille m’a écrit car elle a retrouvé un des descendants de la famille du réfugié, et souhaite en savoir plus, son grand-père en ayant peu parlé, explique Jean-Claude Richard. Que les Anianais qui ont des renseignements sur cette histoire, et même de façon plus large sur la commune durant cette période, n’hésitent pas à me contacter ! »

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Une conférence à Saint-Jean-de-Fos

« L’an dernier, nous avons organisé une réunion à Saint-Guiraud sur une inscription romaine retrouvée dans la commune, la salle des fêtes était pleine ! Les élus n’en revenaient pas ! » Jean-Claude Richard en est convaincu : l’histoire locale est une porte d’entrée qui permet d’intéresser le grand public à notre passé.

Organisé par l’association Lo Picart, le prochain rendez-vous est prévu ce vendredi 11 septembre à 18 h à la chapelle Saint-Géniès de Saint-Jean-de-Fos. Au cours d’un exposé de 45 minutes suivi de questions, le chercheur abordera l’histoire de l’Église catholique dans le Cœur d’Hérault entre le Moyen Âge et l’arrivée au pouvoir de Napoléon, et notamment les relations parfois tendues entre l’évêché de Lodève, les abbayes et les paroisses. Deux autres conférences sont prévues dans les prochains mois sur les communautés protestante et juive du territoire. Contact Jean-Claude Richard : 34jcr@orange.fr ou 06 99 99 58 81.