Tour Eiffel : réouverture après la grève, le groupe hindou BAPS s'excuse
Tour Eiffel : réouverture après grève, BAPS s'excuse

La tour Eiffel rouvre ses portes mardi 10 septembre à Paris, au lendemain d'une journée de grève de son personnel. Les salariés protestaient contre l'éviction de femmes employées samedi lors de la visite du groupe religieux hindou BAPS, une exigence acceptée par la direction, qui a depuis présenté ses excuses. Le mouvement spirituel hindou Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS), critiqué comme étant particulièrement conservateur et nationaliste par une partie de la diaspora indienne, a consacré dimanche son premier temple majeur en France, à Bussy-Saint-Georges, près de Paris.

Une grève déclenchée après l'éviction de femmes salariées

Une délégation du groupe BAPS a effectué samedi une procession culturelle en bateau sur la Seine et une visite de la tour Eiffel. Le personnel de la tour Eiffel a dénoncé dans un communiqué des « consignes professionnelles qui ont conduit les femmes salariées à être écartées, remplacées et rendues invisibles en raison de leur sexe » lors de cette visite. La Société d'exploitation de la tour Eiffel (SETE) a reconnu que la délégation hindoue avait demandé que la visite soit organisée en limitant les « interactions avec les femmes » et admis que « ces conditions n'auraient pas dû être acceptées ».

Le maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, a réagi sur X : « Il n'est pas acceptable que (les) conditions exigées par la délégation hindoue puissent être tolérées », ajoutant qu'une enquête serait « diligentée dans les plus brefs délais ». Une rencontre a eu lieu lundi entre le personnel et la direction de la tour Eiffel, qui est restée fermée toute la journée. Le monument devait ouvrir dans des conditions normales mardi matin, selon une représentante du personnel de la SETE.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les excuses de BAPS et les réactions politiques

« Nous tenons à présenter nos sincères excuses à toute personne qui aurait pu être blessée ou gênée par cette situation », a réagi BAPS sur X. Le groupe a précisé que la visite s'était déroulée « au début des horaires habituels d'ouverture, afin de limiter autant que possible toute gêne pour les autres visiteurs ». Le président de la SETE, Ariel Weil, élu socialiste parisien, a affirmé à l'AFP : « On va faire la lumière sur ce qu'il s'est passé et on en tirera les conséquences ».

L'association Indian Alliance Paris, qui conteste les visées de BAPS, a vu dans l'inauguration de son nouveau temple en France une nouvelle offensive du « suprémacisme hindou », avec « une vision du monde conservatrice et hindou-nationaliste ». De nombreuses réactions politiques ont dénoncé l'éviction des employées femmes. Gabriel Attal a déclaré : « En France, aucune culture, aucune croyance, aucun culte, rien ni personne ne peut venir dicter aux femmes leur place ». Bruno Retailleau a écrit sur X : « La Tour Eiffel, c'est la France. Et en France on ne trie pas les Français selon les désirs de ceux qui la visitent ». Manuel Bompard, de la France Insoumise, a qualifié la décision de « totalement inacceptable », ajoutant que « l'égalité entre les femmes et les hommes n'est pas une variable d'ajustement des demandes commerciales ».

La tour Eiffel, monument le plus visité de France, a rouvert mardi dans des conditions normales, après cette journée de grève qui a mis en lumière l'affaire. L'enquête annoncée par la mairie de Paris devrait permettre de déterminer les responsabilités et de tirer les conséquences de cet incident.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale