Adieu monde cruel : un premier film lumineux sur l'adolescence
Adieu monde cruel : un premier film lumineux

Dans son premier long métrage Adieu monde cruel, Félix de Givry explore le harcèlement scolaire à travers le parcours d'Otto, un adolescent de 14 ans qui décide de disparaître en laissant une lettre désespérée. Présenté à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes puis au Festival du Film Francophone d'Angoulême, le film suit Otto, qui trouve refuge auprès de Léna, une adolescente qui le cache dans une chambre désaffectée de l'hôtel de ses parents.

Un titre qui évoque l'envie de grandir

« Ce titre évoque l'envie de grandir, de changer de monde, bien davantage que le suicide. Ceux qui disent que l'adolescence est la plus belle période de leur vie ont une mauvaise mémoire », précise Félix de Givry, qui signe ici son premier long métrage après avoir coécrit et produit Arco d'Hugo Bienvenu. Pour incarner ses héros, il a choisi Milo Machado-Graner, remarqué dans Anatomie d'une chute de Justine Triet, et Jane Beever, révélation pétillante de naturel.

Un sujet autobiographique

« Le harcèlement est un point de départ autobiographique, raconte Félix de Givry. J'ai été insulté quand j'étais au collège, et c'était un peu la volonté d'exorciser ce souvenir difficile. Le film ne reflète pas ma réalité mais un sentiment. » Son film fait éclore une tendresse entre ces deux personnages qui s'isolent des adultes pour découvrir la douceur. Sur le tournage aussi, Milo Machado-Graner a lié une amitié sincère avec sa partenaire débutante. « On a appris à se connaître dans la préparation, déclare Jane Beever. C'était une vraie rencontre, un peu comme les héros du film. »

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Félix de Givry leur a fait regarder des films ensemble pour les aider à nouer cette complicité. Les deux comédiens ne sont pas arrivés avec la même expérience sur le plateau. « Pour Otto, je souhaitais quelqu'un qui connaisse déjà les plateaux parce que c'était un rôle assez dur à jouer, explique le réalisateur. À l'inverse, pour Léna, j'aimais beaucoup avoir quelqu'un qui n'a jamais joué et qui découvre la magie du cinéma. » Son film ouvre la porte sur l'espoir avec un sens du détail et un goût pour la poésie qui touchent en plein cœur. Son duo de comédiens y est pour beaucoup et le grain de la pellicule (le film a été tourné en 16 mm) aussi.

Une rencontre qui change tout

L'alchimie progressive entre les deux jeunes gens les console de la dureté du monde extérieur. De lectures en confidences, de repas partagés en jeux enfantins, les deux adultes en devenir mûrissent au contact l'un de l'autre dans un décor d'hôtel qui les protège. « Le film est très optimiste, insiste Milo Machado-Graner. Il montre que, quand on a l'impression qu'on est coincé dans notre propre monde et qu'on se sent un peu seul ou différent des autres, c'est juste parce qu'on n'a pas encore trouvé notre place. Il suffit d'une rencontre pour tout changer ». On sort de la projection le sourire aux lèvres.

On verrait bien les acteurs de ce film généreux se retrouver à la cérémonie des César aux côtés de Félix de Givry.

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