Région Paca accusée de chantage financier contre une metteuse en scène
Région Paca accusée de chantage financier contre une metteuse en scène

La CGT Spectacle accuse la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur de « chantage financier » contre la dramaturge Tamara Al Saadi, après la révélation par Mediapart d'un courrier de Renaud Muselier menaçant de suspendre les subventions à la plateforme de coproduction ExtraPôle. Le syndicat dénonce une « ingérence honteuse » et une « dérive liberticide ».

Un courrier signé de la main du président de Région

Dans un communiqué diffusé jeudi 3 septembre 2026, le SFA et le SNAP, membres de la CGT Spectacle, s'insurgent contre les pressions subies par la comédienne et metteuse en scène. Mediapart s'est procuré un courrier daté du 27 février 2025, signé par Renaud Muselier et adressé à Dominique Bluzet, président d'ExtraPôle. Dans cette lettre, le président de la Région accuse Tamara Al Saadi d'avoir fait lire un « texte politique antisémite » à l'issue de son spectacle Taire au théâtre de La Criée, à Marseille. Il promet la suspension de toute contribution financière à la plateforme jusqu'à une « clarification publique face à ce scandale inacceptable ».

La pièce Taire s'est jouée en mars 2025 au Théâtre national de Nice (TNN), sans le texte contesté. Le réseau ExtraPôle compte sept lieux de diffusion en région Sud, dont le TNN.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La CGT demande des comptes et dénonce une « lâcheté »

« Notre syndicat condamne avec la plus grande fermeté l'ingérence de Renaud Muselier et la lâcheté des directions qui ont choisi de composer avec ces pressions plutôt que de les combattre », écrit la CGT. Le syndicat demande : « qui a décidé quoi ? Qui a fait pression ? Qui a accepté de se plier à ces pressions ? Et pourquoi ces menaces sont-elles restées secrètes ? »

« Il faut appeler les choses par leur nom : quand une collectivité utilise la menace financière pour obtenir le silence d'une artiste, il ne s'agit plus d'une simple demande d'explications. C'est une pression politique sur la création et la liberté d'expression », ajoutent les syndicalistes.

Renaud Muselier se défend de toute censure

Interrogé par nos confrères, le candidat marseillais aux sénatoriales s'est défendu de toute censure culturelle. Il a soutenu que son intervention ciblait une prise de parole indépendante de la pièce, susceptible d'engager la responsabilité des théâtres. « Je veux être très clair : la Région n'intervient ni dans la création des œuvres, ni dans les choix artistiques », a-t-il notamment répondu.

La dramaturge envisage de porter plainte

Le texte contesté revenait sur l'origine du projet Taire, dont les ateliers prévus à Gaza avaient été annulés après la mort d'étudiants et la destruction de l'Institut français sous les bombardements israéliens. Il donnait un bilan humanitaire et incitait les spectateurs à relayer la voix des civils palestiniens.

« Ce texte n'a absolument rien d'antisémite. Il était très factuel. Et s'il est antisémite alors l'Onu et le Tribunal pénal international aussi », argumente la CGT. Tamara Al Saadi s'est également défendue de tout antisémitisme. Selon le syndicat, la dramaturge s'apprête à porter plainte.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale