Pisa 2025 : niveau historique bas pour les élèves français
Pisa 2025 : niveau historique bas pour les élèves français

Les résultats des élèves français à l'enquête internationale Pisa 2025 sont les plus bas jamais mesurés depuis la création de ce classement en 2000, selon les données publiées ce mardi 8 septembre 2026 par l'OCDE. La France se maintient toutefois dans la moyenne des pays de l'OCDE dans les trois matières évaluées, mais les scores sont en baisse continue.

Une baisse généralisée des performances

Par rapport à l'édition 2022, les résultats en sciences ont baissé de 4 points, en compréhension de l'écrit de 18 points, et en mathématiques de 16 points. L'OCDE considère que 20 points représentent environ une année de scolarité, ce qui signifie que les élèves français ont perdu près d'une année d'apprentissage en lecture et en maths en quatre ans.

L'étude Pisa, qui sonde depuis 2000 les performances des systèmes éducatifs à travers les compétences des élèves de 15 ans, a été réalisée en 2025 auprès de 6 500 élèves français dans 289 écoles. Les exercices ont mis l'accent sur les sciences, un domaine qui était particulièrement développé cette année.

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Un écart qui se réduit entre élèves favorisés et défavorisés

Entre 2012 et 2025, les résultats ont baissé partout : en sciences, ils sont passés de 499 points à 483 ; en lecture, de 505 à 456 ; et en mathématiques, de 484 à 458. Depuis 2015, l'écart de performance entre les élèves les plus favorisés sur le plan socio-économique et les plus défavorisés s'est réduit, car les résultats des élèves favorisés ont diminué tandis qu'ils sont restés stables parmi les élèves défavorisés.

En mathématiques, la performance a chuté de 22 points parmi les élèves les plus défavorisés et de 38 points chez les élèves favorisés. « Notre système éducatif a vraisemblablement des difficultés qui se sont généralisées parmi les élèves favorisés », a pointé Éric Charbonnier, spécialiste de l'éducation à l'OCDE, lors de la publication de l'étude.

Moins d'élèves très performants, plus de difficultés en lecture

En dix ans, le pourcentage d'élèves très performants a diminué : en mathématiques, ils étaient 5 % en 2025 contre 11 % en 2015 ; en compréhension de l'écrit, ils étaient 5 % contre 13 % en 2015. Autre source d'inquiétude selon l'OCDE : un tiers des élèves français ont de grandes difficultés pour la compréhension écrite.

« Les élèves, en France comme dans beaucoup de pays, ont beaucoup plus de difficultés à répondre aux questions qui demandent des processus cognitifs complexes, de la réflexion, de la lecture de textes longs (400 mots), de la concentration », a souligné M. Charbonnier. L'étude met également en évidence des absences de professeurs plus fréquentes : en 2015, 17 % des chefs d'établissement déclaraient manquer d'enseignants, contre 45 % en 2025.

Un soutien parental en baisse et l'hypothèse de l'IA

Selon l'OCDE, la baisse des performances ne s'explique pas par l'investissement public. « La France a une dépense d'éducation assez forte par rapport aux performances obtenues », pointe M. Charbonnier, qui recommande « surtout » de « bien investir l'argent ». La chute des performances n'est « pas due à l'immigration » non plus, l'écart de performance entre les adolescents « issus de l'immigration » et les « non-immigrés » étant resté stable depuis 2015.

L'OCDE s'alarme en revanche du soutien des parents qui s'affaiblit, en particulier en France, « alors qu'ils ont un rôle à jouer dans la réussite des enfants », et de la baisse de la compréhension de l'écrit chez les garçons des milieux les plus favorisés, une nouveauté. « Est-ce parce que l'intelligence artificielle est plus entrée chez les familles favorisées ? C'est une des hypothèses qui méritent d'être mises sur la table », estime M. Charbonnier, qui préconise une « utilisation modérée » du numérique à des fins pédagogiques.

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L'OCDE considère par ailleurs qu'il est difficile de mesurer les effets des réformes à cause de leur nombre et de leur « va-et-vient ». Les élèves qui ont passé le test en 2025 sont nés en 2009, sont entrés pour la plupart en CP en 2015, et en 6e en 2020. Ils n'ont pas connu le dédoublement des classes dans les petits niveaux en zone d'éducation prioritaire mis en place progressivement depuis 2017. Ils ont en revanche vécu la réforme de l'ancien ministre de l'Éducation, Vincent Peillon, de quatre jours et demi à l'école à partir de 2013, puis le retour de quatre jours décidé par Jean-Michel Blanquer en 2017. Parmi les points positifs : les élèves français sont plus curieux que la moyenne et prennent plaisir à faire des sciences.