Le tribunal de commerce de Toulouse doit rendre sa décision le 15 septembre sur la poursuite d'activité de trois mois de l'usine Fibre Excellence à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), en redressement judiciaire. Lors de l'audience à huis clos du mardi 8 septembre, le ministère public a requis cette continuation d'activité, soutenue par l'ensemble des parties, selon les représentants des syndicats, de l'Union départementale CGT et de la région Occitanie.
Un financement public de 5,5 millions d'euros
L'État et la région Occitanie ont promis un total de 5,5 millions d'euros pour couvrir cette période, permettant aux repreneurs potentiels de finaliser leur offre. L'État s'est engagé à mobiliser 2 millions d'euros jusqu'au 30 septembre, date à laquelle le ministre de l'Industrie Sébastien Martin a demandé "des engagements précis" de la part des porteurs du projet de reprise. La région Occitanie injectera quant à elle 3,5 millions d'euros d'octobre jusqu'à début décembre, a indiqué sa présidente Carole Delga.
Cette décision fait suite à la demande formulée lundi par la région pour permettre à un éventuel repreneur de finaliser une offre. Carole Delga avait également appelé l'État à nationaliser temporairement Fibre Excellence pour une durée de plusieurs mois, afin de préserver le site.
"Une nouvelle étape" pour les salariés
Pauline Salingue, représentante de la CGT de Haute-Garonne, a déclaré : "C'est une nouvelle étape, mais ce n'est pas encore la victoire qui aura lieu le jour où l'usine redémarrera." Elle a ajouté : "Le projet (de reprise) est là, on a gagné un peu de temps pour avancer sur ce projet, il y a des repreneurs, les salariés ne baisseront pas la garde et resteront mobilisés dans les prochaines semaines."
Cédric Byé, président du CSE de Fibre Excellence et délégué CGT, a qualifié de "geste fort" l'annonce faite par le gouvernement lundi et dans la foulée par la région d'un soutien financier nécessaire pour la poursuite de l'activité. Un représentant de Carole Delga, souhaitant rester anonyme, a indiqué que le sérieux des repreneurs potentiels justifiait ce délai nécessaire pour bien préciser leur projet de reprise.
Un accord général entre les acteurs
"Il y a eu un accord général entre les différents acteurs de la procédure et c'est ce qu'a requis la procureure, c'est-à-dire qu'avec le financement de l'État pour une durée d'un mois et celui de la région pour une durée de deux mois supplémentaires, on obtient un délai de trois mois afin de rester en position de liquidation avec poursuite d'activité", a ajouté Pauline Salingue. L'usine avait été placée en liquidation judiciaire depuis le 30 juillet, et la poursuite d'activité permettra de maintenir le site en fonctionnement jusqu'à une éventuelle reprise.



