L’observatoire des libertés publiques de Montpellier (OLM) a publié ce lundi un rapport accusant la police municipale d’avoir pris part aux opérations de maintien de l’ordre lors du mouvement de blocus des lycées. La structure, proche de la Ligue des droits de l’Homme, estime que ces interventions dépassent les prérogatives légales de la police municipale, limitées à l’organisation de la circulation et à la protection des bâtiments municipaux. La Ville, par la voix de son premier adjoint Sébastien Cote, conteste fermement cette lecture.
Des accusations fondées sur des photographies
L’OLM appuie ses accusations sur une série de photographies prises notamment lors des affrontements survenus devant le lycée Mermoz le 1er octobre. Sur ces images, une dizaine de policiers municipaux sont présents. Selon l’observatoire, « la cohésion avec les équipes de la BAC, qui dirigent l’opération, les équipements, la charge en courant sur plusieurs dizaines de mètres, au soutien d’une dispersion ayant nécessité l’usage de lacrymogène caractérise la participation organisée de deux unités à des opérations de maintien de l’ordre, de façon intégrée au dispositif ».
L’OLM parle d’une « participation organisée, anticipée » et note que « l’utilisation de cette composante des forces de l’ordre dans l’usage spécifique du maintien de l’ordre à Montpellier n’a pas fait l’objet d’une délégation ou d’une mutualisation comme cela a pu être observé en Gironde ». Les policiers municipaux, présents sur les lieux des rassemblements, ont normalement pour mission d’assurer la sécurisation des piétons, de protéger les autres agents municipaux et d’organiser la déviation de la circulation. Une intervention en cas de flagrant délit n’est possible que si une violence est commise devant eux. Ces prérogatives excluent donc le maintien de l’ordre public.
La Ville dénonce des « effets de manche »
Interpellé par l’élue LFI Livia Jampy lors du dernier conseil municipal, le premier adjoint Sébastien Cote a vivement contesté la lecture des images faite par l’OLM. « Une fois encore ce sont des effets de manche et de tribune. La police municipale n’est absolument en rien concernée par les violences. Il n’y a pas une image où un policier municipal s’en prend à un manifestant », a-t-il défendu.
Sur les scènes relevées devant Mermoz et vers Antigone, Sébastien Cote a indiqué que la charge est intervenue alors que « des jeunes ou des casseurs défonçaient la porte d’entrée des halles Jacques-Cœur, un bâtiment municipal. Nous sommes pleinement dans le rôle de la police municipale qui est de protéger un bâtiment municipal ». Le premier adjoint dénonce « la volonté d’amalgamer les choses ».
Une position ferme sur le rôle de la police municipale
« Nous condamnons toutes les violences policières mais la police municipale est dans son rôle quand elle fait de la sécurité publique, de la tranquillité publique », a conclu Sébastien Cote. Les deux lectures divergent donc sur l’interprétation des faits, mais aussi sur le cadre légal des interventions de la police municipale. L’OLM maintient que ces opérations nécessitaient une délégation préalable, absente selon lui, tandis que la Ville estime que la protection des bâtiments municipaux justifiait l’intervention. Cette controverse intervient alors que le mouvement de blocus des lycées a mobilisé plusieurs établissements de la métropole, et que les questions de maintien de l’ordre restent sensibles dans la ville.