Six mois après son élection à la mairie de Toulon, Josée Massi a décidé de sortir de sa réserve. Dans un entretien accordé à Nice-Matin, elle revient sur sa campagne difficile, ses relations avec Hubert Falco et ses adversaires, et détaille sa vision de la gouvernance. Elle annonce notamment la présentation d'un binôme sous l'étiquette « majorité municipale » aux prochaines législatives.
Une sortie de silence assumée
Habituellement discrète, Josée Massi explique les raisons de cette prise de parole : « Je suis plutôt patiente, j'ai le sang froid, et je me tiens un peu éloignée de toutes les polémiques. Mais ça fait six mois que j'ai été élue, et je pense que c'est le moment de rétablir certaines vérités. » Elle précise avoir besoin de recul : « J'ai mis du temps à parler, parce que j'avais besoin de ce temps-là. Moi, je suis un animal à sang froid. Quel que soit le sujet, je dors dessus. »
Elle n'hésite pas à égratigner son opposante RN, Laure Lavalette : « Elle ne dort pas dessus et elle réagit tout de suite. À chaud. Elle cherche la polémique. Mais pas de chance pour elle, elle ne me trouvera pas là-dessus. »
Sénatoriales et législatives : positions tranchées
Sur les sénatoriales, Josée Massi assume de ne pas avoir présenté de candidats de sa majorité : « On m'a beaucoup reproché de ne pas présenter de candidats de la majorité municipale. On aurait pu. Mais c'est une élection de partis, et moi, je me suis présentée sans étiquette. » Elle explique avoir laissé ses équipes libres de voter, mais sans affichage : « Vous êtes libres de faire ce que vous voulez, mais dans ce cas, vous sortez de la majorité. »
Pour les prochaines législatives, elle annonce la présentation d'un binôme sous l'étiquette « majorité municipale », comme aux départementales. Elle souligne que Toulon est « une ville de résistance, avec aujourd'hui le seul député du Var qui n'est pas RN (Yannick Chenevard) ». Elle ne donne pas de nom, mais indique que « plusieurs profils » sont discutés.
Retour sur la campagne et les relations avec Hubert Falco
Josée Massi revient sur sa déclaration de candidature : « En 2023, Hubert Falco me demande de le remplacer. Moi, j'étais là pour garder la place et la lui rendre au moment voulu. » Elle raconte avoir travaillé à l'union avec Michel Bonnus jusqu'à Noël, sans succès, et avoir annoncé sa candidature en prenant de vitesse Hubert Falco, qu'elle savait prêt à adouber Michel Bonnus.
Elle décrit une campagne difficile : « Ça a été six mois très difficiles. Très violents. Avec des pressions, des menaces… Et 31 adjoints et conseillers municipaux qui m'ont quittée, par courrier. » Elle rend hommage à Michel Bonnus : « Il se bat contre la maladie, et je lui souhaite vraiment de s'en sortir. Et je veux lui rendre hommage, parce qu'il a tenu sa parole. »
Gouvernance et projets en attente
Interrogée sur Hubert Falco, elle reconnaît qu'il « a été un grand maire », mais estime qu'« il n'a plus tous les éléments en main ». Elle évoque notamment la cité judiciaire, dont le dossier a évolué depuis 2019 : « On a fait tout ce qu'on pouvait, et aujourd'hui on est dans l'attente de l'arbitrage de l'État avec la loi de programmation judiciaire. On espère une réponse d'ici la fin de l'année. »
Enfin, elle définit son style de gouvernance, en rupture avec celui de son prédécesseur : « Je n'ai pas le culte de la personnalité. Hubert Falco était un patron, ce n'est pas ma façon de gouverner. Chacun a un périmètre, un domaine de responsabilité. Moi je travaille en équipe, je ne travaille pas seule. C'est un changement de logiciel, mais c'est ce pour quoi les Toulonnais ont voté. »