Le Conseil de Paris a adopté mardi un vœu proposé par le maire socialiste Emmanuel Grégoire visant à ouvrir les mairies d'arrondissement aux lycéens mobilisés. L'objectif est de leur permettre de se réunir sans subir de « violences policières », un argument qui a suscité la colère des maires de droite, poussant l'opposition à quitter l'hémicycle.
Une décision pour la sécurité des lycéens
« Le mouvement lycéen doit pouvoir s'exprimer en toute sécurité », a estimé Emmanuel Grégoire, qui a annoncé la « disponibilité de la mairie pour accompagner » la mobilisation. L'ouverture des mairies parisiennes tenues par la gauche (9 sur 17) se fera dans les jours qui viennent, « à l'initiative des lycéens », a-t-il précisé à la presse lors du Conseil de Paris.
« On verra comment cet accès s'articule » avec l'annonce du Premier ministre Sébastien Lecornu de suspendre les cours en fin de semaine pour un « temps de démocratie interne » dans les lycées, a détaillé l'édile, saluant une décision « qui semble pour la première fois aller dans le bon sens ».
Un vœu qui dénonce les violences policières
Dans le vœu adopté, la mairie déplore « les blessures, dont certaines graves, subies par des lycéens lors d'interventions des forces de l'ordre, les images diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux témoignant de violences policières donnant lieu à l'ouverture d'enquêtes ». « Collectivement on ne peut pas accepter qu'un enfant ait la main arrachée » comme lundi à Lens, a estimé Emmanuel Grégoire, affirmant que « des lycéens très pacifistes nous font part de leur angoisse de la confrontation directe avec les forces de l'ordre ».
La droite quitte l'hémicycle
« Choquée » par ces propos, l'opposition de droite a quitté l'hémicycle. « Vous instrumentalisez les angoisses, vous parlez tranquillement de violences policières en utilisant les expressions de LFI », lui a lancé son chef de file Grégory Canal, dénonçant un vœu « inique ». L'opération « mairies ouvertes » se fera « sans les arrondissements de l'ouest qui n'ont pas vocation à devenir le nouveau Club des cordeliers [club révolutionnaire fondé en 1790] payé par le contribuable parisien », a cinglé l'élu du 15e arrondissement. « Grégoire n'a jamais apporté publiquement son soutien aux policiers nationaux qui ont été blessés », a pour sa part déploré Geoffroy Boulard, maire LR du 17e arrondissement.
La région Île-de-France sollicitée
Dans son vœu, la Ville de Paris demande également à la région Île-de-France tenue par Valérie Pécresse (LR) de présenter « un état des besoins et des investissements » dans les lycées parisiens. Valérie Pécresse, qui fait valoir que 6,6 milliards d'euros ont été investis pour rénover les lycées franciliens depuis 2015, a de son côté demandé aux 139 conseillers de sa majorité « d'organiser, d'ici la fin de la semaine, des moments de dialogue et d'échanges avec des délégations lycéennes, dans les mairies ou d'autres lieux », a indiqué la Région.