La France insoumise (LFI) a décidé de ne répondre favorablement à aucune invitation de BFMTV durant la semaine du 8 au 14 septembre 2026. Cette décision, annoncée dans un communiqué, vise à protester contre le traitement réservé à ses représentants sur la chaîne d'information en continu. Mathilde Panot n'a ainsi pas participé au débat spécial sur le climat organisé mardi 8 septembre, et Manuel Bompard ne se rendra pas à l'émission BFM Politique prévue dimanche 13 septembre.
Une décision motivée par des pratiques jugées inacceptables
Dans son communiqué, LFI dénonce des déprogrammations « de dernière minute », des changements de thème « sans justification » et des interviews qui se transforment « en débat surprise ». Le mouvement estime que « les députés et porte-parole politiques ne sont pas des chroniqueurs ou des variables d'ajustement » et refuse que son temps de parole soit employé « à commenter superficiellement et à chaud des sujets choisis pour "faire de l'audience" ».
L'affaire Rima Hassan au cœur des critiques
LFI reproche également à la chaîne de « s'enfoncer depuis la rentrée dans une dérive dangereuse », avec « la place prépondérante donnée à des plateaux durant lesquels des thèses racistes ou encore des propos climatosceptiques sont monnaie courante ». Le mouvement revient aussi sur « le traitement absolument inacceptable de la garde à vue » de l'eurodéputée Rima Hassan, en avril 2026, où « pendant plusieurs heures ont été relayées sur cette antenne, sans aucune prudence, des accusations graves sur la possible détention de drogue de sa part ».
La réponse de BFMTV et la réaction du gouvernement
Interrogée par l'AFP, la chaîne s'est dite « surprise de cette décision et déplore que le pluralisme dont elle est garante soit ainsi remis en cause ». Elle affirme rester « attachée à la présence de représentants de toutes les sensibilités » et rappelle que « par nature, une chaîne d'information en continu s'adapte en permanence à l'actualité et que sa programmation, ses horaires, ses formats comme la composition de ses plateaux sont susceptibles d'évoluer ». Dans la campagne électorale, BFMTV « entend réaffirmer avec force son indépendance éditoriale et continuera de porter une ligne guidée par les faits, le pluralisme et le débat d'idées ».
Interrogé sur Sud Radio, le ministre des Affaires européennes Benjamin Haddad a dénoncé dans l'attitude de LFI « la recette classique des populistes illibéraux, c'est-à-dire la remise en question de la liberté de la presse ». Cette décision de LFI intervient alors que la chaîne multiplie les invitations de ses représentants, ce que le mouvement juge désormais contre-productif pour son image et son message.



