Voile : Glucksmann dénonce une « police des vêtements »
Voile : Glucksmann dénonce une police des vêtements

Raphaël Glucksmann a vivement critiqué vendredi 4 septembre la proposition de Marine Le Pen d’interdire le port du voile islamique dans l’espace public, la qualifiant de « police des vêtements » et l’accusant de vouloir raviver les tensions identitaires. Le candidat de Place publique à la présidentielle s’est exprimé sur BFMTV/RMC, alors que la leader du Rassemblement national souhaite soumettre cette interdiction à référendum.

Une « police des vêtements » dénoncée par Glucksmann

« Ils proposent d’envoyer les policiers français faire la chasse aux foulards dans les rues de France ? C’est ça ? On en est là ? Sérieusement ? », a lancé Raphaël Glucksmann. Il a ajouté : « En relançant ce débat-là, le Rassemblement national sait très bien ce qu’il fait. Il veut relancer les fièvres identitaires. Je ne le permettrai pas. »

Le candidat social-démocrate a défendu une laïcité centrée sur la liberté de choix et la lutte contre le prosélytisme religieux. « La laïcité, c’est pas la police des vêtements », a-t-il insisté, appelant à protéger l’école « du prosélytisme religieux » et à préserver « la liberté du choix » des femmes.

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Mélenchon reconnaît « une erreur terrible »

Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France insoumise, a également réagi à cette proposition, la jugeant « la négation même de la laïcité », tout en se disant « extrêmement laïc ». Il a reconnu avoir commis une « erreur terrible » sur la question du voile. « Il y avait un temps aussi, je n’étais pas d’accord avec cette histoire de voile, je n’avais pas compris », a-t-il déclaré.

« Mais j’ai rencontré des femmes qui portaient le voile ou des femmes très croyantes et qui ne portaient pas le voile, et des femmes qui n’étaient pas croyantes mais qui disaient chacun fait comme il veut. Et on en a parlé et j’ai été convaincu, j’ai changé d’avis. Je me suis dit que j’ai fait une erreur terrible », a développé le leader insoumis, qui se veut à la pointe de la lutte contre l’islamophobie.

Cette évolution lui vaut d’être accusé par certains d’avoir tourné le dos à la gauche laïque universaliste. En 2010, il qualifiait le voile de « signe de soumission patriarcale », et en 2017, il en parlait comme d’un « chiffon sur la tête ».

Critique de la proposition de Gabriel Attal

Raphaël Glucksmann a également critiqué la proposition de Gabriel Attal, qui avait suscité la polémique il y a quelques mois en proposant l’interdiction du voile aux moins de 15 ans. « Donc vous allez avoir des policiers qui vont contrôler l’ensemble des filles qui portent un voile sur la tête, pour savoir quel âge elles ont », a-t-il dit. « On veut pas d’un pays qui ressemble à ça. »

Le débat sur le voile islamique s’invite ainsi à nouveau dans la campagne présidentielle, alors que Marine Le Pen et Emmanuel Macron sont également en course. Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a par ailleurs officiellement soutenu la candidature de Raphaël Glucksmann à la présidentielle.

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