Philippe Vitel, ancien député du Var, a annoncé dimanche dernier sa candidature dissidente aux élections sénatoriales, provoquant son exclusion de la vice-présidence de l'Union des droites pour la République (UDR) 83. Il dépose ce jeudi une liste « Divers droite » en préfecture, défiant l'accord scellé entre l'UDR et le Rassemblement national.
Une décision qui bouscule l'accord UDR-RN
L'UDR a conclu depuis plusieurs mois un accord avec le parti de Marine Le Pen pour une liste commune dans le Var, menée par le député Frank Giletti et soutenue par trois autres députés RN ainsi qu'une élue de la majorité de David Rachline à Fréjus. Le seul représentant ciottiste sur cette liste n'est pas Philippe Vitel, mais Marie-Christine Hammel, adjointe à la mairie de Grimaud.
« Ils ont jugé que je n'avais pas de valeur ajoutée, je vais leur démontrer le contraire. J'ai des arguments », déclare Philippe Vitel, qui affirme s'être mis de lui-même en congé de ses responsabilités à l'UDR pendant la campagne. Il déplore : « L'UDR n'est pas bien considérée sur cette liste, ce n'est pas une vraie union. On sert juste de caution. »
Un coup mûrement réfléchi
La décision de Philippe Vitel n'est pas un coup de tête. Elle a été pensée avant l'été et s'est renforcée le 20 juillet dernier, lorsqu'il a lu dans nos colonnes la déclaration de Jean-Pierre Colin (Horizons), un de ses concurrents : « Humblement, j'ai le niveau pour être sénateur ».
« Je me suis regardé dans la glace et me suis demandé si j'avais moi aussi le niveau », raconte cette figure varoise, qui voulait déjà aller au Sénat en 2020 sans obtenir le feu vert d'Hubert Falco. « Après une rétrospective de mes 19 ans à l'Assemblée et 6 ans à la Région, je me suis décidé à tenter ma chance. »
Une campagne discrète mais déterminée
Philippe Vitel a monté sa liste en toute discrétion, la gardant secrète avant le dépôt en préfecture. Alors que ses adversaires ont quadrillé le Var à la rencontre des maires et conseillers municipaux, lui estime qu'il n'est pas trop tard. « Vous connaissez la fable du lièvre et de la tortue… », sourit-il.
« Depuis le temps que je travaille avec les élus, je n'ai pas de problème de notoriété dans le Var. Il y a un espace », affirme celui qui a figuré à la 18e place de la liste Laure Lavalette (RN) pour les municipales à Toulon. « Je vais tout de même passer quelques coups de fil. C'est ma façon à moi de faire campagne. »
Interrogé sur le nombre de voix qu'il espère, il répond : « Aucune idée, on le saura le 27 septembre. » Il revendique être « la seule tête de liste à avoir aligné les mandats à Toulon » et conclut : « Qui peut m'enlever ça ? »
De son côté, Julien Argento, président varois de l'UDR, relativise : « Philippe, sur qui on aurait pu encore compter pour les prochaines élections régionales pour faire l'union des droites, est sorti du jeu politique depuis une décennie. C'est un non-événement. » Frank Giletti philosophe : « C'est une aventure personnelle plus que politique. »



