Les principaux syndicats français ont quitté Matignon avec un sentiment de déception, ce mercredi 21 octobre 2026, après une réunion avec le Premier ministre Sébastien Lecornu. Invités pour discuter de la liberté de manifester et de propositions pour la jeunesse, ils ont déploré l'absence de mesures concrètes. En réponse, plusieurs organisations appellent à une grève générale le 5 novembre, tandis qu'une nouvelle journée de mobilisation est prévue samedi 24 octobre.
Une réunion « décevante » pour les syndicats
Les cinq organisations syndicales représentatives ont été reçues à Matignon pour échanger sur les « moyens pour garantir l’indispensable liberté de manifester » et discuter d’une « méthode et de propositions concrètes » pour la jeunesse mobilisée depuis plusieurs semaines. À l'issue de cette rencontre, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a estimé que Sébastien Lecornu n’avait annoncé « aucune mesure » pour répondre aux multiples contestations. « Il n’y a eu aucune prise en compte de nos revendications », a-t-elle déploré.
La CGT, qui avait soutenu la journée du 17 octobre, marquée par des émeutes et pillages dans plusieurs villes, sera de nouveau présente dans la rue samedi, pour « protéger » ceux qui souhaitent manifester lors de l’« acte II » de la mobilisation sur le coût de la vie annoncé par une coordination de gilets jaunes.
Appel à la grève et assemblées générales
La dirigeante de la CGT a aussi appelé « les travailleurs et les travailleuses à organiser des assemblées générales partout pour généraliser la grève ». Pour l’intersyndicale, l’objectif central reste la mobilisation lancée par la quasi-totalité d’entre eux auprès des salariés du privé et du public pour le 5 novembre. « L’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais » à partir de cette date, selon Sophie Binet.
« Il est impératif qu’il y ait des réponses sociales à ces attentes de l’ensemble des travailleurs et des travailleuses qui attendent depuis de nombreuses années », a renchéri la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon. Après une réunion de deux heures et demie « très décevante », le président de la CFTC Cyril Chabanier a néanmoins noté que le gouvernement avait « ouvert la porte » à « une discussion autour du Smic ».
Pas de convocation pour les lycéens, partis reçus jeudi
Les syndicats ont également déploré que les organisations lycéennes et étudiantes, qui ont demandé il y a près de deux semaines à être reçues par Sébastien Lecornu, n’aient pas été conviées au rendez-vous. Depuis plusieurs semaines, les lycéens sont mobilisés avec le soutien des étudiants, notamment pour réclamer davantage de moyens, un meilleur bâti scolaire, le remplacement des professeurs absents et une révision de la plateforme Parcoursup. Ces dernières devraient être reçues lundi par le ministre de l’Éducation, qui a notamment promis des premières mesures pour répondre à leurs doléances concernant Parcoursup.
Ce jeudi 22 octobre, Sébastien Lecornu recevra les différents partis politiques pour revenir sur les événements du 17 octobre. Le Premier ministre entend aborder « la sécurisation » de la campagne présidentielle, exigeant de ses interlocuteurs « la condamnation de la violence », selon un courrier aux partis. Depuis le Qatar, Emmanuel Macron a lui aussi appelé à « la fermeté » envers les auteurs des violences et convoqué, ce jeudi, une réunion avec les services de renseignement sur les défaillances du 17 octobre.
Le président de la République n’a fait aucune annonce sur les revendications portées par les syndicats et les manifestants, qu’il s’agisse des salaires, du pouvoir d’achat, des services publics ou encore des moyens alloués à l’éducation.