Emmanuel Macron est arrivé samedi 19 septembre à Saint-Pierre-et-Miquelon pour une visite de deux jours, réaffirmant la souveraineté française sur cet archipel de 5 800 habitants et y rencontrant le Premier ministre canadien. Dès son arrivée, il a martelé que ce territoire était bien « français » et « attaché à la France », en réplique à une carte postée par Donald Trump couvrant toute la région du drapeau des États-Unis.
Une réponse aux « idées étranges » de Donald Trump
« C’est une évidence », « pas de discussion » : Emmanuel Macron a répondu fermement aux revendications géopolitiques de Donald Trump. « On ne va pas (l') affirmer tous les matins parce que des gens ont des idées étranges ou disent des choses étranges », a-t-il ajouté à son arrivée dans le petit archipel, situé à 4 300 kilomètres de Paris. Sur X (anciennement Twitter), il a écrit : « De l’autre côté de l’Atlantique, à quelques kilomètres du Canada, bat un cœur français, Saint-Pierre-et-Miquelon. Très fier et heureux de venir à votre rencontre durant deux jours. L’océan nous sépare, l’essentiel nous rassemble : nos valeurs, un destin commun, la République. »
Une visite franco-canadienne historique
Le président accueille ce dimanche le Premier ministre canadien Mark Carney à Saint-Pierre, une première dans l’histoire locale, à quelques kilomètres des côtes canadiennes et à quelques jours de mer du Groenland, nouvel enjeu stratégique autour de l’Arctique. « Ça envoie un message fort », a-t-il souligné, face à un président américain qui considère cette partie du monde comme sa chasse gardée et menace régulièrement d’annexer le Canada, auquel il livre une guerre commerciale. Le président français a souhaité que « plus de gaz liquéfié (canadien) aille vers la façade atlantique » et donc l’Europe, et a mis l’accent sur de nouvelles « perspectives de coopération » avec le Canada. Mark Carney revient de Strasbourg où il a acté jeudi un rapprochement majeur entre son pays et l’Union européenne, déclenchant une nouvelle colère du président américain qui a promis de riposter à coups de sanctions.
Des annonces pour les habitants de l’archipel
Le chef de l’État va tenter de répondre aux attentes de cet archipel miné par la fin de l’âge d’or de la pêche à la morue, qui conjugue vie chère, déclin démographique et menace climatique. Cela devrait se traduire par des annonces sur plusieurs dossiers sensibles, du déplacement du village de Miquelon, menacé par la montée des eaux, à la réhabilitation du port de Saint-Pierre, dont certains quais menacent de s’effondrer. Le déménagement de Miquelon, un chantier titanesque à l’échelle de l’archipel, s’apprête à entrer dans sa deuxième phase, qui nécessite 25 millions d’euros, selon les élus locaux. Pour l’heure, une douzaine de maisons ont été construites sur un nouveau site plus en hauteur, à 1,5 kilomètre de là, pour échapper à la montée des eaux. Mais le projet s’annonce long et il est loin de faire l’unanimité.
Des annonces sur les moyens militaires et le spatial
Emmanuel Macron va aussi faire des « annonces » sur les moyens militaires de l’archipel, où seul un vieux patrouilleur est stationné et dont le remplacement tarde. Les attentes restent grandes vis-à-vis du Canada sur les quotas de pêche, après la violente guerre de « la morue » dans les années 80, sans compter le contentieux sur la délimitation du plateau continental de la France dans cette zone. « L’objectif de cette visite est de marquer une nouvelle page », a dit Emmanuel Macron, en rappelant « l’année très dure », en 1992, qui avait scellé le sort de la pêche à la morue dans l’archipel. Saint-Pierre-et-Miquelon, qui se cherche une nouvelle vocation économique, mise désormais sur le spatial, grâce à son positionnement géographique. L’archipel abrite déjà une station satellitaire au sol pour le compte du système de navigation européen Galileo et deux start-up françaises, Skynopy et Look up, vont faire des annonces dans ce domaine à l’occasion de la visite. Saint-Pierre-et-Miquelon espère aussi se retrouver sur la route d’un projet de câble numérique qui doit relier la Bretagne à New York et qui lui permettrait de sécuriser des flux de données dans le domaine spatial. Autant d’investissements qui « montrent le caractère stratégique de l’île », s’est félicité Emmanuel Macron.



