Le chantier du futur cabaret-discothèque Madame Arthur, à l'emplacement de l'ex-Bodeguita del Havana rue Chauvain à Nice, ne sera pas ouvert au public avant fin 2027, voire le premier trimestre 2028. Ce retard d'environ deux ans par rapport aux prévisions initiales s'explique par des travaux d'isolation acoustique renforcés, indispensables pour protéger le voisinage des nuisances sonores.
Un chantier complexe et des travaux supplémentaires
L'architecte en charge du projet, Jean-Paul Gomis, détaille les raisons de ce décalage. En mars 2024, le nouveau propriétaire des murs, Fabrice Laffon, et lui-même espéraient une ouverture « au grand public début 2026 ». Mais le chantier a été interrompu en août 2025 après « un incident sur un élément datant des années 60 ». Une partie d'un ajout est tombée lors des opérations de curage, entraînant une brève suspension pour vérifications.
Depuis, le projet a dû être modifié, renforcé et étendu. « En raison d'un souci par rapport à l'acoustique », résume l'architecte, il a fallu construire une « boîte dans la boîte » à plusieurs niveaux. L'objectif : « désolidariser la structure, ancrée dans les murs, des autres murs mitoyens » afin de la rendre « totalement autonome » et d'éviter les bruits dits solidiens qui se transmettent par les murs.
Une isolation renforcée face à la nappe phréatique
Les équipes ont également dû faire face à une contrainte inattendue venue du sous-sol. « Il fallait que la dalle du sous-sol soit isolée de la nappe phréatique, car l'eau de cette nappe transmet les sons ! » explique Jean-Paul Gomis. Pour garantir une isolation maximale, deux radiers – des dalles épaisses en béton armé servant de fondations – doivent être construits et enveloppés d'un isolant acoustique. « Avec ce double radier et cet isolant, nous aurons la garantie que les bruits ne passeront pas par la nappe phréatique pour remonter chez les voisins », assure-t-il.
Ces travaux supplémentaires ont un coût et des implications. « Le propriétaire a dû refinancer son projet à la hausse, ce qui demande du temps auprès de la banque, du temps pour nous techniquement. Travaux supplémentaires. Coûts supplémentaires. Négociations supplémentaires », détaille l'architecte. Il souligne aussi la difficulté du chantier, « déjà très compliqué, car très petit, très ouvrageux. Plus c'est petit, plus c'est complexe, car il n'y a pas la place de mettre les engins nécessaires et tout se réalise à la petite cuillère… »
Une façade d'époque préservée et une ouverture repoussée
La façade d'époque sera respectée, mais pas dans son état actuel. « On va la respecter, mais pas dans l'état où elle se trouve. Là aussi, on doit la protéger d'une isolation phonique, prévoir une ceinture-bretelle pour que tous les systèmes mis en place protègent bien le site », précise Jean-Paul Gomis.
Concernant l'avancement des travaux, le premier radier est terminé. « Il faut à présent passer au second radier. Tout le système structurel va prendre jusqu'à la fin novembre. Quant à l'ouverture au public, on la prévoit entre la fin 2027 et le premier trimestre 2028 », conclut l'architecte. Le cabaret-discothèque parisien Madame Arthur, spécialisé dans les spectacles travestis, pourra ainsi enfin dupliquer à Nice ses soirées pailletées, après 17 ans de fermeture de l'ancien haut-lieu des nuits latinos.



