Sénatoriales dans le Var : bataille LR-RN pour les grands électeurs
Sénatoriales Var : bataille LR-RN pour les grands électeurs

Le 27 septembre, les 2 348 grands électeurs du Var éliront leurs sénateurs. Françoise Dumont (LR) et Frank Giletti (RN) partent favoris, mais la répartition des sièges reste incertaine. La droite espère conserver trois sièges, tandis que le RN vise une percée historique.

Françoise Dumont, favorite sous pression

Françoise Dumont, sénatrice LR sortante, est la plus expérimentée des onze têtes de liste. Elle est également la plus légitime en matière de sécurité civile. Cependant, elle subit une forte pression. Son objectif initial était de conserver trois sièges pour Les Républicains, mais les perspectives se sont réduites. « Trois, si on a du bol », a commenté Patrick Dray, conseiller politique de Gérard Larcher, venu la soutenir à Brignoles jeudi dernier.

Le deuxième siège promis à Christian Simon, maire de La Crau, n'est pas acquis. Plusieurs facteurs compliquent la tâche de la droite. Michel Bonnus, ex-collègue varois de Françoise Dumont au Sénat, a préféré soutenir la liste de Véronique Maurel (UDI), présidente de l'Union patronale du Var. Jean-Louis Masson, président du Département et de la fédération LR 83, ne s'est pas opposé à la candidature dissidente de Marc Lauriol, conseiller départemental en charge de la distribution des aides aux communes. « Il y a un problème de management à droite », persifle un ancien LR.

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Le RN espère rafler deux sièges

Frank Giletti, député et tête de liste RN, devrait logiquement décrocher un ticket pour le Sénat. Le RN n'avait plus envoyé de Varois au Palais du Luxembourg depuis David Rachline (2014-2017), remplacé par Claudine Kauffmann. Fort de ses victoires à La Seyne-sur-Mer, Six-Fours-les-Plages et Fréjus, ainsi que de celle de l'UDR à La Valette-du-Var, Giletti peut compter sur environ 350 grands électeurs disciplinés. Dans la 6e circonscription, celle de Giletti, on dénombre 420 votants, le plus grand nombre de tous les territoires.

Cette dynamique pourrait permettre au RN de rafler deux sièges et de contribuer à la constitution historique d'un groupe d'au moins dix élus au Sénat. « Peut-être bien ric-rac », lâche un adversaire. Cependant, la candidature surprise de Philippe Vitel, vexé de ne pas avoir été retenu sur la liste officielle, pourrait semer la zizanie à l'extrême droite. Vitel a perdu sa vice-présidence départementale et a été exclu du parti d'Éric Ciotti, ce qui a été perçu comme une trahison.

Philippe Vitel, un fauteur de troubles potentiel

Philippe Vitel, ex-député, imagine décrocher un siège en se hissant « dans les trois premiers des onze candidats ». D'autres ne lui accordent que « 20 à 50 voix », dix fois moins qu'il n'en faut. Quoi qu'il en soit, cela pourrait coûter au RN la deuxième place accordée à Carine Leroy, adjointe à Fréjus, en cas de lutte serrée avec Les Républicains. « À son âge (71 ans), en plus d'une grande liberté de parole, Vitel a un certain pouvoir de nuisance », rapporte-t-on. « Je ne suis pas là pour piquer des voix, mais pour défendre les couleurs de la droite », rétorque Philippe Vitel, « pas rancunier » envers le maire de Nice.

La liste Reconquête, portée par Christian Bousquières et l'ancienne maire de Cogolin, Christiane Lardat, pourrait également influencer le cours de l'élection. « On se présente plus pour nos convictions, avec honnêteté », indique celui qui s'était présenté comme suppléant aux législatives de 2022. Le camp qui saura le mieux limiter la casse dans ses propres rangs bénéficiera probablement d'un avantage.

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