Virginie de Pierrepont : « La voiture reste une nécessité absolue »
Mobilians : la voiture, une nécessité absolue selon sa présidente

Installée à Nice depuis 2019, Virginie de Pierrepont est devenue en juin 2026 la première femme à présider Mobilians, la cinquième organisation patronale de France. Celle qui représente 25 métiers, 170 000 entreprises et plus de 500 000 emplois non délocalisables livre une analyse sans détour de la crise du marché automobile et défend une transition progressive, ancrée dans le quotidien des Français.

Une présidente engagée pour la mobilité du quotidien

D'origine alsacienne, Virginie de Pierrepont a choisi Nice en 2019 lors de la transmission de son groupe de concessions dans l'Est. « Je suis tombée amoureuse de cette région magique », confie-t-elle. Si elle reconnaît que la région bénéficie de « transports en commun exceptionnels dans les grandes villes », elle insiste : « dès qu'on s'en éloigne, la voiture demeure indispensable ». Un constat qui nourrit son combat à la tête de Mobilians.

Première femme à ce poste, elle assume cette singularité avec pragmatisme. « J'espère être comme les autres et que ça ne fait pas de différence », explique-t-elle, tout en soulignant un atout : « dans tous ces endroits politisés où il y a très peu de femmes, on nous remarque. Et se faire remarquer, ça peut permettre de se faire entendre. »

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Un marché automobile en crise : 500 000 à 600 000 ventes perdues

Le constat est chiffré. Le marché est passé de 2,1 millions de voitures neuves en 2019 à une fourchette de 1,5 à 1,6 million aujourd'hui. « Il manque ainsi entre 500 000 et 600 000 voitures », souligne la présidente, qui estime que le niveau de 2,1 millions « ne sera jamais retrouvé ». La surfiscalité et les malus freinent les acheteurs, avec un effet pervers : l'âge moyen du parc roulant approche désormais 12 ans, contre 10 ans il y a quelques années. « En voulant imposer une marche forcée vers l'électrique sans tenir compte du budget des ménages, on a obtenu l'effet inverse : les gens gardent leurs vieilles voitures thermiques », déplore-t-elle.

Pour redresser la barre, Mobilians propose de redynamiser le marché de 200 000 à 300 000 voitures supplémentaires. L'État doit « se montrer plus incitatif, notamment en diminuant les malus ». Un calcul appuie cette demande : l'État s'est privé, en cumulé, de 4,5 milliards de TVA entre 2020 et 2025 à cause des ventes perdues. Ces propositions chiffrées, réalisées avec le cabinet indépendant Roland Berger, seront présentées lors du Mondial de l'Auto à Paris en octobre, en collaboration avec les constructeurs.

Transition électrique : une solution, mais progressive

Sur l'électrique, la présidente de Mobilians est claire : « Le véhicule électrique est une très bonne solution, mais la transition doit être concertée et progressive. » Elle rappelle que « tout le monde n'a pas les moyens d'acheter du neuf électrique ni la possibilité de se recharger chez soi, notamment en logement collectif ». Mobilians demande d'accompagner le rajeunissement du parc avec des véhicules d'occasion récents et d'intégrer l'occasion et l'hybride dans la prime à la conversion.

Face à l'arrivée des constructeurs chinois, qui proposent des hybrides et électriques « 30 % moins chers », Virginie de Pierrepont appelle l'Europe à protéger l'industrie. « Faute d'une protection suffisante du marché par l'Union européenne, les concessionnaires n'ont d'autre choix que d'intégrer ces marques pour assurer la survie de leurs entreprises », explique-t-elle.

Recrutement et fiscalité : les priorités de Mobilians

La filière auto fait face à une tension sur les métiers techniques en mécanique et carrosserie. « L'apprentissage demeure notre voie royale, mais notre grand défi est de fidéliser les diplômés », indique la présidente. Les entreprises doivent améliorer la qualité de vie au travail : ateliers propres, lumineux, semaine de 4 jours ou arrêt le vendredi midi.

Enfin, Mobilians réclame un « moratoire sur la hausse de la fiscalité automobile » dans le budget de l'État. Un argument social vient compléter le dossier : « 85 % des Français dépendent de leur voiture pour aller travailler, se soigner ou emmener leurs enfants à l'école. La mobilité du quotidien est un droit fondamental, au même titre que le logement ou la santé. »

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