Glucksmann : « rapport de force » avec la Chine sur l'auto
Glucksmann prône un « rapport de force » avec la Chine

Lors d'un sommet sur la compétitivité économique organisé par Politico mardi, le candidat social-démocrate à la présidentielle Raphaël Glucksmann a préconisé d'imposer un « rapport de force » commercial à la Chine pour protéger le marché automobile européen face à l'importation massive de véhicules électriques et hybrides. L'eurodéputé a jugé insuffisant l'accord conclu vendredi par l'Union européenne avec Pékin.

Un marché européen « absolument vital » pour les Chinois

« Il faut arrêter d'avoir peur tout le temps : on est le premier marché du monde, le marché américain s'est fermé, donc soit on va devenir la poubelle, soit on utilise la puissance de notre marché comme un levier de rapport de force », a expliqué Raphaël Glucksmann. Selon lui, les Chinois « veulent faire sur les productions de voitures électriques européennes exactement ce qu'ils ont fait sur les panneaux photovoltaïques : on avait huit champions du monde sur dix en Europe, il n'y en a plus un ».

Il a fustigé « une stratégie définie géopolitiquement qui est de prendre les secteurs clés de l'avenir et de les écraser, de les écraser par les surcapacités chinoises, par des subventions, par de la vente à perte même si c'est nécessaire ». « On est un marché absolument vital pour les Chinois », a-t-il insisté.

Un accord UE-Chine jugé insuffisant

Raphaël Glucksmann a estimé que l'accord signé vendredi entre l'Union européenne et la Chine pour freiner sensiblement les exportations de véhicules hybrides de cette dernière « n'est pas suffisant ». Il a également regretté la condamnation par le centre et la droite française de l'obligation européenne d'arrêter la vente de voitures thermiques neuves en 2030.

« Si nous on recule sur les objectifs d'avenir, on capitule face au Parti communiste chinois », a-t-il argumenté, critiquant « un manque d'ambition et surtout un manque de compréhension de quels sont les enjeux industriels pour l'avenir ». « C'est pour ça qu'il faut savoir mettre le paquet quand on fixe un objectif, ce que l'Union européenne ne sait pas faire », a-t-il regretté, appelant à « se projeter » et à « planifier ».

Des surcapacités chinoises qui menacent le secteur

Le candidat a dénoncé les surcapacités chinoises qui menacent le secteur automobile européen. Selon lui, la stratégie de Pékin vise à écraser les industries clés de l'avenir par des surcapacités, des subventions et des ventes à perte. Il a appelé à utiliser la puissance du marché européen comme levier de négociation face à la Chine.

Cette prise de position intervient alors que l'Union européenne cherche à protéger son industrie automobile face à la concurrence chinoise, dans un contexte de fermeture du marché américain et de transition vers les véhicules électriques.