La fraude par manipulation a bondi de 34 % en 2025, atteignant 516 millions d’euros en France, selon le bilan annuel de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP). Face aux difficultés rencontrées par certaines victimes pour obtenir un remboursement, la Fédération bancaire française (FBF) rappelle les règles applicables.
Une hausse de 34 % de la fraude par manipulation en 2025
Le bilan annuel de l’OSMP révèle que la fraude par manipulation a bondi de 34 % en un an, pour atteindre 516 millions d’euros en 2025. Elle représente désormais 41,6 % du préjudice total, contre 32,1 % en 2024 et 21,6 % en 2021. Cette évolution traduit un changement de méthode des fraudeurs : face au renforcement des dispositifs de sécurité, ils cherchent davantage à convaincre leurs victimes de réaliser elles-mêmes les opérations.
La fraude au virement est également en forte progression : 485 millions d’euros de fraude, soit une hausse de 37 % en un an. Pour la première fois, le virement devient le moyen de paiement concentrant le plus de fraudes en montant. Au total, la fraude aux moyens de paiement a atteint 1,241 milliard d’euros en France en 2025, en hausse de 3,8 %. Dans le même temps, le nombre d’opérations frauduleuses a reculé de 7,6 %, à 7,2 millions.
La FBF rappelle les règles de remboursement
Sollicitée sur les remboursements des victimes, la FBF assure que les recommandations publiées en 2023 par l’OSMP ont permis de « clarifier et d’harmoniser les pratiques » des établissements. Elles ont notamment renforcé les exigences concernant la motivation des refus et l’information des clients sur leurs voies de recours.
Sur les motifs de refus, la profession rappelle que toute opération de paiement non autorisée doit en principe être remboursée. Mais plusieurs situations peuvent conduire à un refus après examen du dossier : négligence grave du client, preuve qu’il a autorisé les opérations contestées, contestation hors délai, absence d’éléments suffisants pour instruire le dossier ou indices d’une fraude commise par le client lui-même. Dans tous les cas, assure la FBF, les établissements doivent motiver leur décision et informer le client des voies de recours.
Une analyse au cas par cas, selon la FBF
Les fraudes par manipulation, notamment celles impliquant de faux conseillers bancaires, constituent selon la FBF « l’un des principaux défis en matière de lutte contre la fraude ». Les escrocs cherchent notamment à obtenir eux-mêmes l’authentification des opérations en exploitant la confiance de leurs victimes.
Sur la question de la négligence grave, la profession souligne qu’elle « ne peut pas être automatique ». Son appréciation doit, selon elle, tenir compte des circonstances propres à chaque dossier et des éléments disponibles.
La FBF reconnaît par ailleurs que les fraudes liées à « l’ingénierie sociale et l’usurpation de confiance » entraînent un nombre important de signalements et de contestations. Elle estime que leur lutte ne peut toutefois pas reposer sur les seules banques et appelle les plateformes numériques, réseaux sociaux et opérateurs télécoms à renforcer leurs dispositifs contre les communications frauduleuses.