Mobilisation lycéenne : 164 interpellations et 180 lycées bloqués
Lycées : 164 interpellations, 180 établissements touchés

Ce lundi 28 septembre, les blocages de 180 lycées en France ont donné lieu à 164 interpellations et à des affrontements inédits, à la veille d'une journée de mobilisation nationale. Le gouvernement accuse La France insoumise d'attiser le mouvement, sur fond de vives tensions scolaires et politiques.

Un mouvement qui s'étend en Île-de-France et en régions

La mobilisation lycéenne s'est étendue ce lundi en Île-de-France (Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis, Saint-Denis) et dans plusieurs régions, notamment à Lille, Marseille, Nice, Grenoble, Lyon ou encore Sedan (Ardennes). Au total, 180 établissements ont été touchés et 164 interpellations ont été réalisées, selon les autorités.

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a estimé que ces manifestations et blocages ne sont pas des mouvements de contestation très habituels mais s'apparentent à des violences urbaines. Il a également fait état de douze membres des forces de l'ordre blessés, ainsi que huit personnels enseignants, dont trois chefs d'établissement, et une douzaine de lycéens blessés.

Des revendications variées et des incidents signalés

Depuis une semaine, des lycéens d'Île-de-France se mobilisent pour protester contre des classes et des emplois du temps surchargés, l'absence de professeurs et des locaux dégradés. À Lille, les élèves citent pêle-mêle le manque de moyens et de personnel, la cantine trop chère, les classes trop chaudes en été et trop froides en hiver, ainsi que les punaises de lit et les douches cassées à l'internat.

Dans l'académie de Créteil, la mobilisation semble s'intensifier, avec un nombre conséquent d'établissements concernés, notamment dans le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis, mais aussi en Seine-et-Marne, selon l'académie qui n'a pas communiqué de chiffres. Dans les Alpes-Maritimes, dix lycées ont vu leur fonctionnement perturbé, principalement à Nice, Grasse, Cagnes-sur-Mer et Menton, selon la préfecture, qui précise que la situation s'est déroulée généralement dans le calme. Dix interpellations de lycéens ont toutefois été effectuées pour des faits de jets de projectiles, tirs de mortier ou violences en réunion, et deux élèves ont été légèrement blessés par des tirs de mortier et des projectiles.

À Marseille, un court blocage a eu lieu au lycée Diderot, dans le 13e arrondissement.

Un bras de fer politique entre le gouvernement et LFI

Le mouvement de grogne lycéen a pris une dimension politique à sept mois de l'élection présidentielle. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a dénoncé sur le réseau X une surenchère irresponsable d'élus de LFI qui appellent à étendre le mouvement de blocus, tandis que Jean-Luc Mélenchon a reproché à l'exécutif d'avoir ordonné la répression. Les ministres de l'Intérieur et de l'Éducation ont prévenu qu'en cas de violences et de blocage total, les forces de l'ordre interviendraient.

Le ministre de l'Éducation, Edouard Geffray, a dénoncé sur France Inter que l'on ne court-circuite pas les instances démocratiques par la violence, assurant que ces violences étaient le fait de personnes extérieures aux établissements. De son côté, Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré, a estimé que les lycéens qui se mobilisent expriment des revendications légitimes et qu'ils doivent pouvoir les exprimer dans un cadre apaisé, condamnant les interventions sans discernement de la police.

La CGT a répliqué dans un communiqué que les revendications des lycéens ne sont pas partisanes mais liées à leurs conditions de vie et d'études, et que les lycéens ne sont pas des fauteurs de troubles mais des jeunes qui veulent être entendus. La mairie LFI de Saint-Denis a également jugé les revendications légitimes et a invité les autorités à venir échanger avec les lycéens pour constater par elles-mêmes si cette jeunesse est instrumentalisée ou si elle est simplement capable de penser, de s'organiser et de défendre ses conditions d'études et son avenir. Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, s'est rendu lundi au lycée Paul-Eluard de sa ville, où plusieurs centaines d'élèves s'étaient réunis devant la grille, le sol jonché de poubelles incendiées.

À la veille de la journée de mobilisation nationale dans la fonction publique, l'Union syndicale lycéenne (USL), principale organisation syndicale des lycéens, a appelé au blocage des lycées partout en France mardi. Le gouvernement a prévenu qu'il ne tolérerait pas les débordements, tandis que les syndicats et les élus locaux appellent à un dialogue apaisé.