Alors que le président de la fédération du BTP des Alpes-Maritimes, Patrick Moulard, s'inquiétait le 26 septembre du coup d'arrêt donné à plusieurs projets métropolitains d'envergure – ligne 4 du tramway, parkings Pont-Michel et Vauban, piscine Camille-Muffat, nouveau palais des expositions – la section travaux publics de la même fédération apporte une réponse plus nuancée. Anthony Renaudi, qui préside cette section, accompagné de ses trois vice-présidents Bertrand Borie, Bernard Cugge et Philippe Labiche, reconnaît une baisse alarmante de l'activité mais refuse d'en attribuer la responsabilité à la Métropole Nice Côte d'Azur, avec laquelle il dit entretenir d'« excellents rapports ».
Une baisse d'activité de 22% dans les Alpes-Maritimes
Anthony Renaudi confirme une « baisse alarmante » de l'activité des travaux publics sur l'année 2026, avec des chiffres précis : « de l'ordre de 17 % du volume en comparaison avec l'année précédente » au niveau régional, et même de « 22 % du volume si l'on tient seulement compte du département des Alpes-Maritimes ». Ces statistiques, issues d'une enquête interne, appellent selon lui à la mobilisation de la profession.
Cependant, il se démarque clairement des commentaires de son président : « Si ces chiffres appellent à notre mobilisation, nous ne pouvons adhérer aux commentaires qui feraient de la Métropole Nice Côte d'Azur la responsable de ce contexte de baisse générale ». Une position qui tranche avec l'inquiétude exprimée par Patrick Moulard sur les conséquences économiques et sociales pour l'activité maralpine.
Des engagements forts de la Métropole
Anthony Renaudi met en avant les « excellents rapports » entretenus avec la collectivité niçoise et son directeur général des services, qui les a reçus « à deux reprises sur le seul mois de septembre ». Lors de ces échanges, les représentants de la section travaux publics ont pu évoquer leurs difficultés et leur besoin de visibilité. « Ces problématiques ont été entendues par la Métropole », assure-t-il.
Il déclare avoir reçu à cette occasion « des engagements forts de la part de la Métropole niçoise sur des arbitrages rapides à propos des sujets structurants, et la présentation d'ici la fin d'année d'un programme complet d'investissement, dont les proportions seront équivalentes à celles des années précédentes ». Des promesses qui satisfont la section : « Ces engagements nous satisfont eu égard de la restructuration en cours des services de la Métropole ».
Un désaccord interne persistant
Cette position contraste avec celle de Patrick Moulard, qui semble ne pas partager ce sentiment de satisfaction. Le président de la fédération du BTP continue de pointer les conséquences économiques et sociales du coup d'arrêt donné aux grands chantiers métropolitains, évoquant notamment la ligne 4 du tramway, les parkings Pont-Michel et Vauban, la piscine Camille-Muffat ou encore le nouveau palais des expositions.
La divergence entre les deux responsables illustre les tensions internes à la profession face à la conjoncture. Alors que la Métropole s'engage à présenter un programme complet d'investissements d'ici la fin de l'année, les acteurs du BTP restent partagés entre la reconnaissance des efforts de la collectivité et l'urgence de relancer des chantiers structurants pour l'économie locale. La mobilisation des professionnels semble néanmoins acquise, comme le souligne Anthony Renaudi : « Si ces chiffres appellent à notre mobilisation ».